Produire un document de plaidoyer à présenter aux pouvoirs publics pour le financement des Organisation de la société civile et des ONG. C’est l’objectif visé par les responsables des GIC et association des régions du l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord qui se sont retrouvé à Garoua le 7 décembre 2010 autour d’un atelier interrégional préparatoire au plaidoyer sur le financement des ONG et organisation de la société civile (Osc) par l’Etat.
«Il s’agit pour nous d’être à la disposition des pouvoirs publics pour le problème des activités des ONG au plan réduit et au sens large des organisations de la société civile. Nous avons estimé qu’il est bon de faire des séminaires interrégionaux pour collecter les informations, les faits, les observations et les recommandations qui puissent nous permettre de mener un plaidoyer en vue d’un financement des Osc et des Ong par l’Etat », a expliqué Roger Bekite du Mouvement international contre la pauvreté en Afrique-Cameroun (Mipacam).
Selon le coordonnateur national du Mipacam, la minorité d’ONG légalisées sur l’ensemble du territoire national, soient 25 ONG agrées et 2 seulement dans la partie septentrionale, il était nécessaire de former renforcer les capacités des acteurs du secteur pour leur enclencher le processus de leur légalisation dans le Grand-Nord « Le Nord est à la traine en termes d’ONG. Il y a aucune ONG dans le Grand-Nord. Il faut créer des ONG afin de fédérer nos forces pour mener un combat juste », a-t-il dit.
La rencontre de Garoua se justifie par le fait que les ONG au Cameroun agrées ne bénéficie pas encore de l’application de l’article 40 du budget de l’Etat qui envisage des subventions aux ONG. C’est dans cette logique que les séminaristes ont d’ailleurs demandé qu’un accent soit mis sur l’application des textes prévoyant aux collectivités territoriales décentralisées et OSC conformément à la ligne prévue dans leur budget, l’allègement des procédures administratives en vue de la reconnaissance des OSC actives d’autorité publique et la facilitation de la création des radios communautaires à vocation sociale.
L’atelier interrégional de Garoua vient à la suite de ceux de Buea, Yaoundé et Bafoussam entend ainsi s’acheminer vers un atelier national pour la restitution de toutes les recommandations faites par tous les acteurs. A titre de rappel, le collectif des ONG agrée du Cameroun (Congac) est une plate-forme qui entend jouer un rôle important pour la défense et la préservation des intérêts de ses membres. Sa stratégie consiste en une intervention aussi bien en aval qu’en amont, allant des organisations à la base à savoir les ONG et associations vers les décideurs en la personne de l’Etat et des bailleurs de fonds, dans un va et vient à la recherche du bien-être de tous et du développement du Cameroun.
Mont-Rhumsiki, Mokolo, Nord-Cameroun
mercredi 8 décembre 2010
mardi 7 décembre 2010
Grand–Nord : Ong et Osc plaident pour des financements par l’Etat
Produire un document de plaidoyer à présenter aux pouvoirs publics pour le financement des Organisation de la société civile et des ONG. C’est l’objectif visé par les responsables des GIC et association des régions du l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord qui se sont retrouvé à Garoua le 7 décembre 2010 autour d’un atelier interrégional préparatoire au plaidoyer sur le financement des ONG et organisation de la société civile (Osc) par l’Etat.
«Il s’agit pour nous d’être à la disposition des pouvoirs publics pour le problème des activités des ONG au plan réduit et au sens large des organisations de la société civile. Nous avons estimé qu’il est bon de faire des séminaires interrégionaux pour collecter les informations, les faits, les observations et les recommandations qui puissent nous permettre de mener un plaidoyer en vue d’un financement des Osc et des Ong par l’Etat », a expliqué Roger Bekite du Mouvement international contre la pauvreté en Afrique-Cameroun (Mipacam).
Selon le coordonateur national du Mipacam, la minorité d’ONG légalisées sur l’ensemble du territoire national, soient 25 ONG agrées et 2 seulement dans la partie septentrionale, il était nécessaire de former renforcer les capacités des acteurs du secteur pour leur enclencher le processus de leur légalisation dans le Grand-Nord « Le Nord est à la traine en termes d’ONG. Il y a aucune ONG dans le Grand-Nord. Il faut créer des ONG afin de fédérer nos forces pour mener un combat juste », a-t-il dit.
La rencontre de Garoua se justifie par le fait que les ONG au Cameroun agrées ne bénéficie pas encore de l’application de l’article 40 du budget de l’Etat qui envisage des subventions aux ONG. C’est dans cette logique que les séminaristes ont d’ailleurs demandé qu’un accent soit mis sur l’application des textes prévoyant aux collectivités territoriales décentralisées et OSC conformément à la ligne prévue dans leur budget, l’allègement des procédures administratives en vue de la reconnaissance des OSC actives d’autorité publique et la facilitation de la création des radios communautaires à vocation sociale.
L’atelier interrégional de Garoua vient à la suite de ceux de Buea, Yaoundé et Bafoussam entend ainsi s’acheminer vers un atelier national pour la restitution de toutes les recommandations faites par tous les acteurs. A titre de rappel, le collectif des ONG agrée du Cameroun (Congac) est une plate-forme qui entend jouer un rôle important pour la défense et la préservation des intérêts de ses membres. Sa stratégie consiste en une intervention aussi bien en aval qu’en amont, allant des organisations à la base à savoir les ONG et associations vers les décideurs en la personne de l’Etat et des bailleurs de fonds, dans un va et vient à la recherche du bien-être de tous et du développement du Cameroun.
«Il s’agit pour nous d’être à la disposition des pouvoirs publics pour le problème des activités des ONG au plan réduit et au sens large des organisations de la société civile. Nous avons estimé qu’il est bon de faire des séminaires interrégionaux pour collecter les informations, les faits, les observations et les recommandations qui puissent nous permettre de mener un plaidoyer en vue d’un financement des Osc et des Ong par l’Etat », a expliqué Roger Bekite du Mouvement international contre la pauvreté en Afrique-Cameroun (Mipacam).
Selon le coordonateur national du Mipacam, la minorité d’ONG légalisées sur l’ensemble du territoire national, soient 25 ONG agrées et 2 seulement dans la partie septentrionale, il était nécessaire de former renforcer les capacités des acteurs du secteur pour leur enclencher le processus de leur légalisation dans le Grand-Nord « Le Nord est à la traine en termes d’ONG. Il y a aucune ONG dans le Grand-Nord. Il faut créer des ONG afin de fédérer nos forces pour mener un combat juste », a-t-il dit.
La rencontre de Garoua se justifie par le fait que les ONG au Cameroun agrées ne bénéficie pas encore de l’application de l’article 40 du budget de l’Etat qui envisage des subventions aux ONG. C’est dans cette logique que les séminaristes ont d’ailleurs demandé qu’un accent soit mis sur l’application des textes prévoyant aux collectivités territoriales décentralisées et OSC conformément à la ligne prévue dans leur budget, l’allègement des procédures administratives en vue de la reconnaissance des OSC actives d’autorité publique et la facilitation de la création des radios communautaires à vocation sociale.
L’atelier interrégional de Garoua vient à la suite de ceux de Buea, Yaoundé et Bafoussam entend ainsi s’acheminer vers un atelier national pour la restitution de toutes les recommandations faites par tous les acteurs. A titre de rappel, le collectif des ONG agrée du Cameroun (Congac) est une plate-forme qui entend jouer un rôle important pour la défense et la préservation des intérêts de ses membres. Sa stratégie consiste en une intervention aussi bien en aval qu’en amont, allant des organisations à la base à savoir les ONG et associations vers les décideurs en la personne de l’Etat et des bailleurs de fonds, dans un va et vient à la recherche du bien-être de tous et du développement du Cameroun.
lundi 6 décembre 2010
Mtn Eline One: Scorpion fait match nul face à Yong Academy
La mine abattue, refusant de s’adresser aux nombreux journalistes à ses trousses pour comprendre comment le match à basculer à une minute du temps réglementaire en sa défaveur, le coach de Scorpion de Bé, n’a voulu rien entendre. Déçus d’avoir laissé Christian Deugouéégaliser à la 89e minute de jeu, les Scorpions regrettent d’avoir laissé passer deux points. Combatifs, les poulains John Mayebi de Yong Academy Fc, eux, y ont cru jusqu’à la dernière minute alors qu’il était mené depuis la première partie par 1 à 0. But marqué à la 33e minute sur une accélération depuis le milieu du terrain parYoussoufe qui construit avec Fabassou, passe la balle à Patrick Naï qui la donne à Mamane qui met le ballon dans les filets de Thomas Kome. A égalité à la fin du temps réglementaire, les cinq minutes de temps additionnels resterons la phase la plus animée du match. Multipliant les fautes, les joueurs de Bamenda ont reçu quatre cartons jaunes face aux Scorpions qui manquent de nombreuses occasions de but.
Fiche technique :
Scorpion de Bé : 1 Sadjo Sodea (gardien), 02 Mamane, 4 Betare, 05 Aminou Bouba, 10 Dourwé (cap), 14 Youssoufe, 17 Lamwé, 19 Bouba Abbo, 21 Patrick Naï, 26 Bambara, 25 Tchoifine
Réservistes : 16 Issa Djafarou, 6 souleymanou, 16 Djenaissem, 23 Matakon, 18 Fabassou, 24 Yougouda, 7, Fangargue
Yong Sports Academy: 16 Thomas Kome, 3 Sylvain Moumi, 14 Nivan Tah, 27 Dooh Yves, 20 Kout Martial, 18 Azme Colins, 13 Tami Christian, 4 Njayoum Souleymanounou, 10 Christian Deugoué, 2 Nghea Emmanuel, 11 Sehen Arnaud;
Remplcants. 1 Ngani Leonard, 9 Nougoum Frank, 12 Nya Christian, 25 Ngoh Yanick, 28 Iroh Jean Basil, 8 Mboudga Pascal
Stade Omnisports Roumde Adjia
Scorpion de Be # Yong Sport Academy
Heure: 15 H 30
Score: 1-1
Arbitre : Juenkou Aurélien
Arbitre assistant N°1: Enyegue Pierre
Arbitre assistant N°2: Ebale ZE
4e Arbitre: Hamadou Sadou
Coordinateur Général : Kiloa Falou
Commissaire : Amadou Madi
Jean Pierre HACHDA
Reactions
John Mayebi, Coach de Yong Sports Academy
C’est ça le football. Ont est mené, on a réagi, on a égalisé. Scorpion, après leur but, a carrément laissé le jeu à Yong Sport et le résultat est là.
Sadjo Sodea, Gardien de Scorpion de Bé
On va se remettre au travail au fur et à mesure. Le championnat devient de plus en plus dur. Les équipes se remettent en place et il va falloir encore bosser plus dur pour rivaliser les anciens de Mtn Elite One. On va éliminer certaines erreurs et aller de l’avant pour remporter les trois points des matchs. Il manquait un peu de concentration. Il fallait être concentré. Le fait de ne pas marquer un deuxième but nous a couté cher parce que 1-0 ce n’est pas la victoire garantie. Ils ont égalisé. On les tire le chapeau et nous perdons deux points. Il faut se mettre au travail. On sait qu’un match c’est 90 minutes. Tant que l’arbitre n’a pas sifflé la fin de la parie, tout reste à joué et ça été le cas ce soir avec les dernières minutes. Ça a été une très grande déception pour nous.
jeudi 2 décembre 2010
Maroua: Le CDD s’attaque à la désertification
Le Projet pilote de lutte intégrée contre la désertification (PLID) initié par Diocèse de Maroua-Mokolo a livré ses résultats au cours d’un atelier de restitution le 1er décembre 2010.
C’est dans le but de mettre un ensemble de résultats, de leçon à tirer autant que de recueillir des avis et des idées pour l’avenir du Projet pilote de lutte intégrée contre la désertification (PLID) qu’un atelier de restitution et de réflexion sur les perspectives du programme engagé dans la lutte contre la désertification s’est tenue le 1er décembre dernier dans la salle de conférence du Comité diocésain de développement (Cdd) du Diocèse de Maroua-Mokolo. Prenaient part à cette rencontre, des responsables de la Midima, des délégations régionales du Minep, de Minfof, du Minader, de la Sodecoton et plusieurs experts d’Ong et de la société civile, membre du comité de pilotage du Plid.
Initié par le Cdd depuis un peu plus de 5 ans, le Projet Plid, cofinancé par la Commission Européenne et Broederlijk Delen, a été exécuté dans 5 sites pilotes notamment à Mémé, Mokolo-Mboua, Ouzal, Salak et Wazzang-Kalliao dans la région de l’Extrême-Nord. Le projet couvre les différentes zones écologiques du diocèse dont la montagne, les piedmonts et la plaine. Il couvre 45 villages au total pour une population d’environ 93.000 âmes. L’objectif étant d’améliorer la conservation des eaux, sols et arbres par une série d’actions intégrées en vue d’une exploitation plus rationnelle et durable des ressources naturelles. L’approche du Plid est basée sur l’autopromotion des communautés de village.
A l’actif du projet, on peut citer 195 organisations paysannes fonctionnelles de 20 à 30 membres chacune, 2116 hectares de parcelles agricoles aménagés, la construction 46 puits en matériaux durables, 1.068 biefs en pierres calées, 15 biefs en pierres maçonnées, 5 biefs radiers et 13.410 mètres linéaires de protection et stabilisation de berges de mayo, 64043 plants d’arbres mis en terre, 5109 foyers améliorés fabriqués et utilisés dans 3438 familles et des publications pédagogiques sur la problématique environnementale. « C’est un projet à vocation rurale qui cadre avec la gestion participative de nos écosystèmes forestiers. Avec la dégradation que nous constatons partout », se réjoui Joseph Ndongmo Vouffo, chef de service régional des Forêts et de la faune de l’Extrême-Nord. Pour le modérateur de l’atelier, «le projet a développé des approches, un certain nombre de modèles qui soient ré-applicables en fonction différentes zones écologiques dans lequel il intervenait. En perspective d’une seconde phase, le projet a eu à s’évaluer par les acteurs de manière sans complaisance », explique Pierre Muegem, consultant dans le domaine de l’environnement et du développement rural.
Et même, l’expérience menée par le Plid rentre « en droite ligne dans la lutte contre la pauvreté et la restauration de la fertilité des sols par l’intégration de l’arbre, la construction des ouvrages en pierres calées, en pierre maçonnées qui vont permettre à nos paysans de récupérer une partie de leur sol déjà menacée par l’érosion hydrique » explique Boukar Toto, chef projet Eau, sol arbre ( Esa) de la Sodecoton-Maroua. Les résultats, difficultés, acquis et leçons à tirer, « enrichi le CDD pour mettre en place une seconde phase du projet qui tienne compte de ces erreurs, qui capitalise les acquis et qui fait avancer la question globale de lutte contre la désertification », espère Pierre Muguem.
C’est d’ailleurs dans ce sens que les participants se sont appesanti sur deux thématiques notamment ladésertification telle que ressentie au niveau communautaire et les forces et les faiblesses de la logique d’intervention de Plid I. Ayant pour mission le développement intégral, c’est-à-dire un développement de tout l’homme et de tous les hommes, le Cdd entend lutter contre les effets de la désertification qui a pour conséquence la dégradation continue des ressources naturelles, les sécheresses prolongées, l’insécurité alimentaire chronique, la misère et la pauvreté structurelle. « L’Eglise Catholique qui est à Maroua-Mokolo, face à ce nouveau défi, s’est donné le devoir d’agir pour en réduire la dégradation continu de notre environnement », soutient Edouard Kaldapa, chef de projet Plid.
Interview
«Cette phase du projet se voulait expérimentale »
Edouard Kaldapa, chef du Projet pilote de lutte intégrée contre la désertification (Plid) du Diocèse de Maroua-Mokolo
Quelles sont les réalisations du PLID, arrivé en fin de projet?
Au moment où nous clôturons ce projet, il est difficile de vous dire ici en quelques mots les réalisations. Cela nous prendrait énormément du temps. Toutefois, pour vous donner une idée à partir de quelques réalisations dans les trois grands domaines d’activités techniques du projet dans les 5 sites d’implantation à savoir : La mise en œuvre des pratiques des techniques intégrées de lutte antiérosive où nous avons créé 195 organisations paysannes fonctionnelles de 20 à 30 membres chacune, 2116 hectares de parcelles agricoles aménagés. Nous avons réalisé des ouvrages de gestion de ressources hydriques avec 46 puits en matériaux durables, 1068 biefs en pierres calées, 15 biefs en pierres maçonnées, 5 biefs radiers et 13 410 mètres linéaires de protection et stabilisation de berges de mayo. Il ya aussi eu la promotion de l’arbre et la protection de l’environnement avec 64043 plants d’arbres mis en terre, 5109 foyers améliorés fabriqués et utilisés dans 3438 familles et quelques publications sous formes de livrets pédagogiques sur la problématique environnementale.
Êtes-vous satisfaits des objectifs fixés au départ?
La région de l’Extrême-Nord fait face régulièrement aux nombreux effets néfastes de la désertification. Le chalenge pour nous a été de conduire cette expérience originale de lutte contre la désertification dans notre région. Notre satisfaction aujourd’hui se situe principalement à deux niveaux : l’adhésion effective des populations aux activités préconisées et mises en œuvre par le projet. C’est une prise de conscience effective par les populations des 5 sites que la désertification est une réalité qu’il faut combattre avec méthode et collectivement. Des modèles et approches de lutte contre la désertification ont été testés avec beaucoup de réussite. Nous tenons à les partager avec d’autres acteurs qui souhaiteraient intervenir dans la lutte contre la désertification qui reste défis majeur pour notre région de l’Extrême-Nord. C’est le lieu pour nous de dire un grand merci à tous ceux qui nous ont apporté leur conseil et appuis multiformes. Nous pensons spécialement à l’équipe de la délégation de l’Union Européenne à Yaoundé au Cameroun et les responsables de Broederlijk Delen qui nous ont régulièrement visités et encouragés au cours de la mise en œuvre du projet ; la MIDIMA, les délégations régionales de MINEP, de MINFOF et du MINADER qui nous ont fait l’honneur de participer au comité de pilotage du projet. Leur disponibilité et leur apport déterminant ont été très positif pour le succès de ce projet.
Quelles lacunes éviteriez-vous si le projet était reconduit par les bailleurs?
Cette phase du projet se voulait expérimental, notre souhait est qu’il y’ait une phase d’extension à l’ensemble du diocèse de Maroua-Mokolo et pourquoi pas à l’ensemble de la partie septentrionale du Cameroun. La seule lacune que nous relevons dans cette phase est de n’avoir pas suffisamment impliqué les collectivités locales décentralisées à savoir les communes qui peuvent contribuer de manière déterminante à la pérennité et à la poursuite de cette initiative à la fin du projet. C’est vrai que la décentralisation est un processus en cours de formation dans notre pays, nous devons à l’avenir travailler avec les municipalités en tant organisation de la société civile et surtout autour d’un problème aussi crucial qu’est la désertification.
C’est dans le but de mettre un ensemble de résultats, de leçon à tirer autant que de recueillir des avis et des idées pour l’avenir du Projet pilote de lutte intégrée contre la désertification (PLID) qu’un atelier de restitution et de réflexion sur les perspectives du programme engagé dans la lutte contre la désertification s’est tenue le 1er décembre dernier dans la salle de conférence du Comité diocésain de développement (Cdd) du Diocèse de Maroua-Mokolo. Prenaient part à cette rencontre, des responsables de la Midima, des délégations régionales du Minep, de Minfof, du Minader, de la Sodecoton et plusieurs experts d’Ong et de la société civile, membre du comité de pilotage du Plid.
Initié par le Cdd depuis un peu plus de 5 ans, le Projet Plid, cofinancé par la Commission Européenne et Broederlijk Delen, a été exécuté dans 5 sites pilotes notamment à Mémé, Mokolo-Mboua, Ouzal, Salak et Wazzang-Kalliao dans la région de l’Extrême-Nord. Le projet couvre les différentes zones écologiques du diocèse dont la montagne, les piedmonts et la plaine. Il couvre 45 villages au total pour une population d’environ 93.000 âmes. L’objectif étant d’améliorer la conservation des eaux, sols et arbres par une série d’actions intégrées en vue d’une exploitation plus rationnelle et durable des ressources naturelles. L’approche du Plid est basée sur l’autopromotion des communautés de village.
A l’actif du projet, on peut citer 195 organisations paysannes fonctionnelles de 20 à 30 membres chacune, 2116 hectares de parcelles agricoles aménagés, la construction 46 puits en matériaux durables, 1.068 biefs en pierres calées, 15 biefs en pierres maçonnées, 5 biefs radiers et 13.410 mètres linéaires de protection et stabilisation de berges de mayo, 64043 plants d’arbres mis en terre, 5109 foyers améliorés fabriqués et utilisés dans 3438 familles et des publications pédagogiques sur la problématique environnementale. « C’est un projet à vocation rurale qui cadre avec la gestion participative de nos écosystèmes forestiers. Avec la dégradation que nous constatons partout », se réjoui Joseph Ndongmo Vouffo, chef de service régional des Forêts et de la faune de l’Extrême-Nord. Pour le modérateur de l’atelier, «le projet a développé des approches, un certain nombre de modèles qui soient ré-applicables en fonction différentes zones écologiques dans lequel il intervenait. En perspective d’une seconde phase, le projet a eu à s’évaluer par les acteurs de manière sans complaisance », explique Pierre Muegem, consultant dans le domaine de l’environnement et du développement rural.
Et même, l’expérience menée par le Plid rentre « en droite ligne dans la lutte contre la pauvreté et la restauration de la fertilité des sols par l’intégration de l’arbre, la construction des ouvrages en pierres calées, en pierre maçonnées qui vont permettre à nos paysans de récupérer une partie de leur sol déjà menacée par l’érosion hydrique » explique Boukar Toto, chef projet Eau, sol arbre ( Esa) de la Sodecoton-Maroua. Les résultats, difficultés, acquis et leçons à tirer, « enrichi le CDD pour mettre en place une seconde phase du projet qui tienne compte de ces erreurs, qui capitalise les acquis et qui fait avancer la question globale de lutte contre la désertification », espère Pierre Muguem.
C’est d’ailleurs dans ce sens que les participants se sont appesanti sur deux thématiques notamment ladésertification telle que ressentie au niveau communautaire et les forces et les faiblesses de la logique d’intervention de Plid I. Ayant pour mission le développement intégral, c’est-à-dire un développement de tout l’homme et de tous les hommes, le Cdd entend lutter contre les effets de la désertification qui a pour conséquence la dégradation continue des ressources naturelles, les sécheresses prolongées, l’insécurité alimentaire chronique, la misère et la pauvreté structurelle. « L’Eglise Catholique qui est à Maroua-Mokolo, face à ce nouveau défi, s’est donné le devoir d’agir pour en réduire la dégradation continu de notre environnement », soutient Edouard Kaldapa, chef de projet Plid.
Interview
«Cette phase du projet se voulait expérimentale »
Edouard Kaldapa, chef du Projet pilote de lutte intégrée contre la désertification (Plid) du Diocèse de Maroua-Mokolo
Quelles sont les réalisations du PLID, arrivé en fin de projet?
Au moment où nous clôturons ce projet, il est difficile de vous dire ici en quelques mots les réalisations. Cela nous prendrait énormément du temps. Toutefois, pour vous donner une idée à partir de quelques réalisations dans les trois grands domaines d’activités techniques du projet dans les 5 sites d’implantation à savoir : La mise en œuvre des pratiques des techniques intégrées de lutte antiérosive où nous avons créé 195 organisations paysannes fonctionnelles de 20 à 30 membres chacune, 2116 hectares de parcelles agricoles aménagés. Nous avons réalisé des ouvrages de gestion de ressources hydriques avec 46 puits en matériaux durables, 1068 biefs en pierres calées, 15 biefs en pierres maçonnées, 5 biefs radiers et 13 410 mètres linéaires de protection et stabilisation de berges de mayo. Il ya aussi eu la promotion de l’arbre et la protection de l’environnement avec 64043 plants d’arbres mis en terre, 5109 foyers améliorés fabriqués et utilisés dans 3438 familles et quelques publications sous formes de livrets pédagogiques sur la problématique environnementale.
Êtes-vous satisfaits des objectifs fixés au départ?
La région de l’Extrême-Nord fait face régulièrement aux nombreux effets néfastes de la désertification. Le chalenge pour nous a été de conduire cette expérience originale de lutte contre la désertification dans notre région. Notre satisfaction aujourd’hui se situe principalement à deux niveaux : l’adhésion effective des populations aux activités préconisées et mises en œuvre par le projet. C’est une prise de conscience effective par les populations des 5 sites que la désertification est une réalité qu’il faut combattre avec méthode et collectivement. Des modèles et approches de lutte contre la désertification ont été testés avec beaucoup de réussite. Nous tenons à les partager avec d’autres acteurs qui souhaiteraient intervenir dans la lutte contre la désertification qui reste défis majeur pour notre région de l’Extrême-Nord. C’est le lieu pour nous de dire un grand merci à tous ceux qui nous ont apporté leur conseil et appuis multiformes. Nous pensons spécialement à l’équipe de la délégation de l’Union Européenne à Yaoundé au Cameroun et les responsables de Broederlijk Delen qui nous ont régulièrement visités et encouragés au cours de la mise en œuvre du projet ; la MIDIMA, les délégations régionales de MINEP, de MINFOF et du MINADER qui nous ont fait l’honneur de participer au comité de pilotage du projet. Leur disponibilité et leur apport déterminant ont été très positif pour le succès de ce projet.
Quelles lacunes éviteriez-vous si le projet était reconduit par les bailleurs?
Cette phase du projet se voulait expérimental, notre souhait est qu’il y’ait une phase d’extension à l’ensemble du diocèse de Maroua-Mokolo et pourquoi pas à l’ensemble de la partie septentrionale du Cameroun. La seule lacune que nous relevons dans cette phase est de n’avoir pas suffisamment impliqué les collectivités locales décentralisées à savoir les communes qui peuvent contribuer de manière déterminante à la pérennité et à la poursuite de cette initiative à la fin du projet. C’est vrai que la décentralisation est un processus en cours de formation dans notre pays, nous devons à l’avenir travailler avec les municipalités en tant organisation de la société civile et surtout autour d’un problème aussi crucial qu’est la désertification.
samedi 27 novembre 2010
Tokombéré: Le collège Baba Simon fête ses 20 ans
La célébration des 20 ans du collège Baba Simon a été une occasion d’action de Grâce et réflexion sur l’avenir du collège.
« Je fus surprise de voir mon fils rafistoler ses habits tout seul, puis l’année suivante, un banc était renforcé, des tables fabriquées et je vous assure, aujourd’hui, je n’ai aucunement besoin d’un mécanicien pour n’importe qu’elle besogne. J’ai juste acheté du matériel pour les réparations : coller les tôles qui coule et le tuyau d’eau cassé, changer un robinet défectueux, réparer les panne d’électricité, changer une ampoule par une regrette. Bref, ce sont des « hommes à tout faire ». C’est le témoignage de Mme Kidmo, mère de trois élèves et six neveux inscrits au collège Baba Simon. A l’occasion de la célébration du 20e anniversaire de ce collège privé catholique, situé à 40 km de Maroua au Nord-Ouest, autorités administratives, religieuses, parents d’élèves, anciens élèves et des partenaires venus de tous les horizons ont tenu a saluer les efforts entrepris par ce collège créé en 1990 et transformé en établissement secondaire avec second cycle en 1997.
« Au cours des 20 années d’existence, du Collège Baba Simon, beaucoup de réalisations ont été faites par les créateurs et les différent acteurs de cet établissement dont la renommée dépasse les frontières de notre département voire de notre région et même de notre pays », a salué le préfet du département du Mayo-Sava qui a fait le déplacement de Tokombéré le 26 novembre 2010. Selon ses propos, le projet pédagogique du collège Baba Simon, « l’école pour la vie », répond parfaitement aux aspirations du gouvernement qui prône la professionnalisation des enseignements. « Les résultats éloquents obtenus aux différents examens officiels montrent à suffisance qu’il est bien possible de former des citoyens complets par l’enseignement général mais également en intégrants dans leur environnement socioéconomique et culturel immédiat », a-t-il noté.
Avant, parents, anciens élèves et enseignants ont raconté chacun les moments de l’histoire de cette institution. « En 20 ans, il y a eu des difficultés, for des réussites aussi », a noté un parent d’élève. Depuis, 2.457 élèves sont passés par le collège. Et aujourd’hui, les fruits sont visibles car le collège a permis de former des citoyens dans tous les domaines de la vie. « 20 ans après, les fruits sont visibles. Aujourd’hui nous avons des anciens élèves qui sont médecins, qui sont polytechniciens, menuisiers, enseignants dans le supérieur, le secondaire et le primaire et donc pour nous ce sont des fruits positifs. Et puis, il y a aussi le faut que les enfants ont appris ici au collège dans le cadre des passerelles en agriculture, maçonnerie etc., permet d’améliorer leurs conditions de vie et de fait leur situation économique, dans leur famille ou dans la région », relève le principal du collège, Etienne Zikra avant d’ajouter que 20 ans « c’est l’âge où on pense qu’on a parcouru du chemin et il faut faire une pause pour évaluer ce chemin parcouru et ce projeter aussi dans l’avenir ».
Pour les partenaires du collège depuis tout ce temps, le collège Baba Simon est un projet significatif, qui intéresse autant les familles que la communauté éducative. « C’est beaucoup de joie de retrouver tout le collège avec des projets nouveaux et des projets qui se poursuivent bien. Avec des objectifs qui peu à peu sont atteints, en particulier permettre aux jeunes de montagne de faire des études et de réussir leur vie, c'est-à-dire d’avoir un métier ou un engagement dans leur village, être de bon de citoyens, des gens responsables avec leur famille. Ces objectifs se poursuivent aujourd’hui, je le vois avec mes yeux », estime Nicole Payelle, première principal du collège, qui a fait le déplacement de Tokombéré.
La célébration eucharistique célébrée par Mgr Philippe Stevens, Evêque de Maroua et Mgr Michel Sentier, Evêque du Diocèse de Créteil en France, a été un moment d’action de Grace au Seigneur pour ce qu’il a fait et veillé sur le collège et sur tous ces enfants qui se sont formés dans ses classes. De même, beaucoup reste à faire pour parfaire l’œuvre chère à Baba Simon. Le besoin de nouvelles infrastructures, l’adaptation des passerelles aux nouvelles exigences des villages, le problème de la voie d’accès au collège et la subvention de l’Etat restent les défis majeurs à surmonter.
« Pour moi, le conseil que j’ai à donner c’est que, il faut être ouvert à tous les pauvres car le collège Baba Simon a été ouvert comme le collège Mazenod autrefois pour les pauvres de la montagne. Il faut qu’on garde cela avec un petit problème financier. Quand on est pauvre, on ne peut pas payer beaucoup et donc ça pose un petit problème », explique Christian Aurenche, fondateur du collège. De même, des efforts s’impose au plan pédagogique, financier, pastoral et même sur les acticités post et périscolaire. « A mon avis, il suffit tout simplement de redoubler d’effort et puis d’assurer un suivi de proximité d’abord au niveau des élèves et au niveau du corps enseignants pour le maintien de l’excellence dans notre collège Baba Simon », conseille le secrétaire à l’éducation catholique du Diocèse de Maroua-Mokolo, Mahama L’Taglock.
Réactions
Philippe Delorme, responsable de l’enseignement catholique du Diocèse de Créteil, France
Je suis ici à Tokombéré au collège Baba Simon parce que je suis le responsable de l’enseignement catholique de Créteil et que nous sommes associés avec le collège Baba Simon depuis 20 ans. Je viens découvrir et célébrer cet anniversaire particulièrement important pour Baba Simon et le collège et pour l’enseignement catholique de Créteil qui soutient depuis 20 ans le collège. Le collège a écrit, « tout homme est un frère ». Nous croyons que pour que cette fraternité existe il faut des moments de rencontre, il faut des possibilités de s’accueillir dans nos différence et que c’est ça qui fonde l’enseignement catholique, que ce soit au niveau local, au niveau national, international. C’est accueil de tous et l’amour de chacun.
« Cela m’a également permis de voir ce qui se vivait »
Mgr Michel Sentier, Evêque de Créteil, France
Je suis l’Evêque de Créteil depuis trois années et l’évêque étant lié avec l’enseignement catholique de son Diocèse, j’ai découvert qu’un partenariat existait entre l’enseignement catholique du Diocèse de Créteil et le collège Baba Simon. Et l’association qui a été crée pour soutenir le collège et l’ensemble du projet qui s’appelle « l’Ecole de la vie ». Alors comme c’était le 20e anniversaire, je visite tous les établissements catholiques de mon Diocèse pour encourager les enseignants à faire vivre le projet éducatif inspiré de l’Evangile. C’est un projet de promouvoir tout homme et tout l’Homme. C’est normal puisque le Collège Baba Simon fait partie un peu en partenariat de l’enseignement catholique du Diocèse, que je vienne aussi visiter l’établissement. C’est pour cela que je suis venu pour les 20 ans. je suis très heureux parce que j’ai essayé d’ouvrir mes yeux, de beaucoup écouter, de visiter et ce qui me plait c’est de voir que le projet éducatif des enfants est en lien avec le projet de Santé de l’hôpital, les centre de santé qui se développe dans les villages, la maison du paysan avec des projets que des jeunes qui ont été formés au collège à cause des passerelles puissent rester dans leur village, promouvoir l’agriculture, promouvoir une autre vision de l’homme et ne pas laisser les jeunes être attirés seulement vers les grandes villes où il vont trouver le chômage ou même l’Europe. Cela m’a également permis de voir ce qui se vivait au niveau de la promotion féminine. Ce qui plait, c’est qu’il y a une vision de développement qui vise l’Homme et tout l’Homme. Et dans ce projet global, on sent que Dieu est à l’œuvre, Dieu est présent, c'est-à-dire que ceux qui participent ici ont une énergie, un enthousiasme qui vient sans doute de leur vision de l’Homme puisé dans la Foi et dans l’Evangile.
Abbé Christian Aurenche, fondateur du collège
Je ressens la joie d’avoir achever un projet que Baba Simon, l’Abbé Simon Mpeke, avait formulé sans pouvoir le réaliser. Et puis s’était absolument logique si on veut mettre les hommes debout il faut les prendre à tous leurs âges, que se soit dans la santé, on les évite de mourir ensuite il faut les éduquer. Et maintenant on a beaucoup^d’étudiants qui marchent avec nous, qu’on les soutient, qu’on encourage. Donc le collège était dedans, c’était normal pour essayer, comme l’a dit l’évêque, de leur donner une éducation à la vérité et à la sagesse, ça marche bien. Les grands défis c’est qu’on s’aperçoit dans le pays, il faut quand même qu’on forme très bien les jeunes parce qu’on voit beaucoup de déviances dans tous les domaines. Tous ces jeunes qu’on essaie d’encadrer, de leur sonner une formation scolaire et intellectuelle, une bonne éducation humaine et spirituelle. On espère ensuite que se soit de bons citoyens, de bons fonctionnaires, de bons techniciens, honnêtes et droits. On espère et ce qu’on garantit c’est qu’on les suit après le Bac, qu’ils sont à l’université et même lorsqu’ils sont en engagement professionnel. On va encore essayer de les garder pour qu’ils ne perdent pas les engagements qu’ils avaient faits au tout début. Ensuite, que les enseignants soient d’abord fidèles à leur enseignement donc qu’ils restent le plus souvent qu’ils ne le font actuellement et qu’ils sachent donner les conseils humaniste, pas simplement sur l’éducation, les maths ou l’histoire mais vraiment faire des hommes tels que on souhaite de les faire.
jeudi 10 juin 2010
Les oubliés du centre pénitencier
« Ma peine est terminée depuis un mois et deux jours et je ne sais pas ce que je fais ici. Je suis dépassé ». Ainsi s’exprime Abdou Kaoré dans la cour intérieure de la prison centrale de Garoua, le 10 juin 2010 au environ de 11h30mn. Sous mandat de dépôt depuis le 19 juillet 2006 et condamné le 7 mai 2010 à deux ans d’emprisonnement et 6 mois d’amende en appel, il déclare avoir totalement purgé sa peine. Comme lui, Yaouba Ousmanou, sous mandat de dépôt depuis le 19 février 2009 et condamné à 4 ans le 22 février, dit avoir fait appel le même jour. « J’ai commencé à aller à l’appel depuis le 09 août 2009. Toutes les fois, on renvoie, en renvoie, je ne comprends pas et ça fait déjà presque’ un an », se plaint-il.
A la prison centrale de Garoua qui compte 1.365 prisonniers, de nombreux prisonniers ne connaissent pas leur sort. « Une fois à l’intérieur de la prison, ils attendent qu’on inscrive leur affaire au parquet », explique Me Asta de Justice et paix du Codas-Caritas. Ce qui n’est pas toujours le cas. Victimes des lenteurs judiciaires, des décisions de relaxe et des mandats d’incarcération qui n’arrivent pas systématiquement à la prison, certains y demeureront des années avant de comparaître. « Dans ce registre, on recense les prévenu du tribunal militaire », croit savoir Me Gilbert Baidai, avocat à Garoua.
Cas patents
Les cas des « oubliés » de la prison centrale de Garoua sont significatifs. « Sodéa et de son complice ont passés 20 ans en prison mais ont été condamnés à la 20e année à 10 ans ’emprisonnement », révèle une source proche des autorités judiciaires. Et qu’il s’agisse du nommé Bayabé Wadang qui a purgé un an de plus sur sa peine principale, d’Oumarou Haman alias Mal Ballo alias Baba Ousséini qui a fait appel depuis 2006 et qui n’a été jugé que le 15 mai 2009, des exemples de détenus en attente de jugement sont légion à Garoua.
Autres exemples, Moussa Sali dont le premier lieu de détention est la prison de Guider à 10 ans d’emprisonnement. Alors qu’il fait appel, il est transféré à Garoua. Il y passera plus d’un an et demi sans passé à l’audience. On constatera que le détenu a été transféré de Guider à Garoua sans son dossier. Oumarou Boukar, incarcéré depuis le 24 septembre 2008, n’a jamais comparu. Après moult fouilles au greffe, une « erreur » se serait glissée dans son dossier : il est considéré comme libre alors qu’il est détenu. Il comparaîtra finalement le 07 août 2009 et a été condamné à 11 mois d’emprisonnement ferme et à une contrainte par corps payé.
« Ces cas sont les plus difficiles car il faut entreprendre de nombreuses démarches à la source. Interroger les familles, fouiller dans les registres des greffes. Ça demande beaucoup de temps. Dans le cas par exemple d’une détenue du camp des femmes qui ne connaît pas la date de sa condamnation. Elle nous a donne déjà deux fausses audiences», explique Cyrille Masoukom du programme Justice et Pais du Codas-Caritas de l’archidiocèse de Garoua.
Comme ses collègues, « Me », comme l’interpelle, à tout bout de champs, les détenus qu’elle appelle pour la plupart par leur nom, Cyrille s’occupe quotidiennement à recenser les cas des prisonniers abandonnés à leur sort. « Ayant terminé leur peine, certains ne savent pas qui va établir leur ordre de mise en liberté », constate sa collègue de Justice et Paix, l’avocate stagiaire Asta. Les deux femmes établissent des démarches entre le parquet et la prison afin de résoudre les cas litigieux. « Elles assurent le suivi des dossiers auprès des greffes des tribunaux et cours afin d’avoir une meilleure visibilité sur la situation pénale des détenus », explique David Bayang, adjoint au responsable du Programme Justice et paix de Garoua.
Il s’agir en effet de recouper et d’établir le nom, la date d’écrou, le motif et la date de condamnation du détenu, « support principal pour effectuer les diligences ». Et depuis quelques années, ces « diligences » se sont avérées efficaces puisqu’elles ont permis de retrouver et de suivre des centaines de dossiers « égarés » et a facilité la libération de plus de 500 détenus. Pour le Procureur général du tribunal de grande instance de Garoua, Jean Nwafo, « le tribunal est très attentif à toutes les procédures. Il veille à ce que les affaires soient jugées en priorité ». S’Il reconnaît que la loi autorise une affaire à passer 6 mois à l’information judiciaire et que le juge peut proroger les délais, « ça ne devrait pas excéder 12 mois pour les délits et 18 mois pour les crimes ».
A part l’assistante des programmes tel Justice et Paix, les prisonnier bénéficient également de l’assistance de plusieurs avocats dont les honoraires sont réglés par l’Union européenne. L’un d’entre eux, Me Gilbert Badai. Il avoue qu’avant c’était pire. « Le détenu pouvait passer des années à la prison sans avoir été ni jugé ni condamné, ignorant même à quel niveau se trouve son dossier ».
Jean Pierre Hachda
A la prison centrale de Garoua qui compte 1.365 prisonniers, de nombreux prisonniers ne connaissent pas leur sort. « Une fois à l’intérieur de la prison, ils attendent qu’on inscrive leur affaire au parquet », explique Me Asta de Justice et paix du Codas-Caritas. Ce qui n’est pas toujours le cas. Victimes des lenteurs judiciaires, des décisions de relaxe et des mandats d’incarcération qui n’arrivent pas systématiquement à la prison, certains y demeureront des années avant de comparaître. « Dans ce registre, on recense les prévenu du tribunal militaire », croit savoir Me Gilbert Baidai, avocat à Garoua.
Cas patents
Les cas des « oubliés » de la prison centrale de Garoua sont significatifs. « Sodéa et de son complice ont passés 20 ans en prison mais ont été condamnés à la 20e année à 10 ans ’emprisonnement », révèle une source proche des autorités judiciaires. Et qu’il s’agisse du nommé Bayabé Wadang qui a purgé un an de plus sur sa peine principale, d’Oumarou Haman alias Mal Ballo alias Baba Ousséini qui a fait appel depuis 2006 et qui n’a été jugé que le 15 mai 2009, des exemples de détenus en attente de jugement sont légion à Garoua.
Autres exemples, Moussa Sali dont le premier lieu de détention est la prison de Guider à 10 ans d’emprisonnement. Alors qu’il fait appel, il est transféré à Garoua. Il y passera plus d’un an et demi sans passé à l’audience. On constatera que le détenu a été transféré de Guider à Garoua sans son dossier. Oumarou Boukar, incarcéré depuis le 24 septembre 2008, n’a jamais comparu. Après moult fouilles au greffe, une « erreur » se serait glissée dans son dossier : il est considéré comme libre alors qu’il est détenu. Il comparaîtra finalement le 07 août 2009 et a été condamné à 11 mois d’emprisonnement ferme et à une contrainte par corps payé.
« Ces cas sont les plus difficiles car il faut entreprendre de nombreuses démarches à la source. Interroger les familles, fouiller dans les registres des greffes. Ça demande beaucoup de temps. Dans le cas par exemple d’une détenue du camp des femmes qui ne connaît pas la date de sa condamnation. Elle nous a donne déjà deux fausses audiences», explique Cyrille Masoukom du programme Justice et Pais du Codas-Caritas de l’archidiocèse de Garoua.
Comme ses collègues, « Me », comme l’interpelle, à tout bout de champs, les détenus qu’elle appelle pour la plupart par leur nom, Cyrille s’occupe quotidiennement à recenser les cas des prisonniers abandonnés à leur sort. « Ayant terminé leur peine, certains ne savent pas qui va établir leur ordre de mise en liberté », constate sa collègue de Justice et Paix, l’avocate stagiaire Asta. Les deux femmes établissent des démarches entre le parquet et la prison afin de résoudre les cas litigieux. « Elles assurent le suivi des dossiers auprès des greffes des tribunaux et cours afin d’avoir une meilleure visibilité sur la situation pénale des détenus », explique David Bayang, adjoint au responsable du Programme Justice et paix de Garoua.
Il s’agir en effet de recouper et d’établir le nom, la date d’écrou, le motif et la date de condamnation du détenu, « support principal pour effectuer les diligences ». Et depuis quelques années, ces « diligences » se sont avérées efficaces puisqu’elles ont permis de retrouver et de suivre des centaines de dossiers « égarés » et a facilité la libération de plus de 500 détenus. Pour le Procureur général du tribunal de grande instance de Garoua, Jean Nwafo, « le tribunal est très attentif à toutes les procédures. Il veille à ce que les affaires soient jugées en priorité ». S’Il reconnaît que la loi autorise une affaire à passer 6 mois à l’information judiciaire et que le juge peut proroger les délais, « ça ne devrait pas excéder 12 mois pour les délits et 18 mois pour les crimes ».
A part l’assistante des programmes tel Justice et Paix, les prisonnier bénéficient également de l’assistance de plusieurs avocats dont les honoraires sont réglés par l’Union européenne. L’un d’entre eux, Me Gilbert Badai. Il avoue qu’avant c’était pire. « Le détenu pouvait passer des années à la prison sans avoir été ni jugé ni condamné, ignorant même à quel niveau se trouve son dossier ».
Jean Pierre Hachda
lundi 7 juin 2010
Garoua : Neuf détenus libérés grâce aux remises de peine
207 des 1400 prisonniers de la prison centrale de Garoua ont bénéficié de la remise et de la commutation de leurs peines.
Malgré le fait qu’ils soient coupés de toute communication avec l’extérieur depuis le 20 mai 2010, date de la dernière tentative d’évasion à la prison centrale de Garoua qui a connu la mort de trois prisonniers au cours de deux tentatives d’évasion, l’ensemble des détenus de la prison ont salué la décision du président de la République portant commutation et remise de peine à certains prisonniers. Ainsi, 207 détenus de la prison centrale de Garoua ont bénéficié de la grâce présidentielle décrétée le 20 mai 2010 à l’occasion de la célébration des cinquantenaires de l’indépendance et de la réunification.
Parmi les bénéficiaires de la grâce présidentielle, 9 ont immédiatement recouverts la liberté. Au cours de la cérémonie qui s’est déroulée à l’intérieur de la cour du pénitencier le 7 juin dernier et présidée par le délégué régional de l’administration pénitentiaire du Nord, Ernest Ngassam, les prisonniers offert un tableau réalisé par eux-mêmes au chef de l’Etat. Un chef d’œuvre dans lequel figure le logo du cinquantenaire et deux bras dont une les chaîne ont été brisés, signe de leur liberté recouvrée.
Ces remises et commutations est un « appel à la responsabilité, à l’effort de tous », estime le délégué régional de l’administration pénitentiaire du Nord, Ernest Ngassam. Soixante douze autres auraient dû eux aussi recouvrer leur liberté s’ils n’avaient pas à payer les amendes et frais de justice, objets des contraintes par corps qui leurs sont infligées tout comme 126 autres détenus, bénéficiaires eux aussi des remises à divers degré. « Ils seront progressivement libérés, leurs peines ayant été réduites », a promis le délégué régional de l’administration pénitentiaire du Nord, Ernest Ngassam.
Pour Hamadou, l’un des prisonniers libéré, il est temps de retourner vers le bon chemin et de tout recommencer à zéro. « J’étais un père de famille et je vivais paisiblement. Je gagnais une vie bien. J’ai fréquenté des mauvaises compagnies et elles m’ont entraîné et je suis tombé dans leur piège », confesse le détenu désormais libre par la grâce présidentielle. Il entend retrouver du travail et s’occuper de sa petite famille.
Aux 9 ex-prisonniers libérés, Ernest Ngassam a prodigués des conseils. Abandonnez la voie de la facilité, du mensonge, du vol et autres crimes et cultivez l’esprit de l’effort, le respect de votre personne, de celle de votre prochain et de la chose d’autrui, a-t-il exhorté. « Si vous vous êtes retrouvés en prison par accident, ou par ignorance de la loi, maintenant que vous l’avez connue, fuyez le mal, ne revenez pas en prison volontairement car, récidivistes, le tribunal sera sévère envers vous et vous ne bénéficierez plus d’une prochaine remise.
Pour le procureur générale du tribunal de grande instance de Garoua, Jean Nwafo , les prisonniers condamnés entre autres pour récidive, assassinat, vol aggravé, détournement de deniers publics, corruption, concussion, favoritisme, trafic d’influence et intérêt dans un acte tout comme pour fausse monnaie, fraude fiscale, fraude au examen, condamné pour infraction commise pendant qu’on est en détention… ne bénéficient pas de la remise des peines et des commutation.
En souhaitant une bonne réintégration aux détenus libérés, le régisseur Francis Wantoh Teih a prescrit discipline, bonne moralité et respect des personnels d’encadrement durant le reste de leur séjour à la prison centrale car, le gouvernement « se soucie des détenus ainsi que de leurs conditions de détentions ».
Construite pour accueillir 500 prisonniers, la prison de Garoua comptait près de 1400 pensionnaires, le 7 juin 2010. Les remises de peine et les commutations à 207 détenus va pouvoir la décongestionner et accorder « un plus d’espace pour se mouvoir » au reste des prisonniers.
Jean Pierre Hachda
Malgré le fait qu’ils soient coupés de toute communication avec l’extérieur depuis le 20 mai 2010, date de la dernière tentative d’évasion à la prison centrale de Garoua qui a connu la mort de trois prisonniers au cours de deux tentatives d’évasion, l’ensemble des détenus de la prison ont salué la décision du président de la République portant commutation et remise de peine à certains prisonniers. Ainsi, 207 détenus de la prison centrale de Garoua ont bénéficié de la grâce présidentielle décrétée le 20 mai 2010 à l’occasion de la célébration des cinquantenaires de l’indépendance et de la réunification.
Parmi les bénéficiaires de la grâce présidentielle, 9 ont immédiatement recouverts la liberté. Au cours de la cérémonie qui s’est déroulée à l’intérieur de la cour du pénitencier le 7 juin dernier et présidée par le délégué régional de l’administration pénitentiaire du Nord, Ernest Ngassam, les prisonniers offert un tableau réalisé par eux-mêmes au chef de l’Etat. Un chef d’œuvre dans lequel figure le logo du cinquantenaire et deux bras dont une les chaîne ont été brisés, signe de leur liberté recouvrée.
Ces remises et commutations est un « appel à la responsabilité, à l’effort de tous », estime le délégué régional de l’administration pénitentiaire du Nord, Ernest Ngassam. Soixante douze autres auraient dû eux aussi recouvrer leur liberté s’ils n’avaient pas à payer les amendes et frais de justice, objets des contraintes par corps qui leurs sont infligées tout comme 126 autres détenus, bénéficiaires eux aussi des remises à divers degré. « Ils seront progressivement libérés, leurs peines ayant été réduites », a promis le délégué régional de l’administration pénitentiaire du Nord, Ernest Ngassam.
Pour Hamadou, l’un des prisonniers libéré, il est temps de retourner vers le bon chemin et de tout recommencer à zéro. « J’étais un père de famille et je vivais paisiblement. Je gagnais une vie bien. J’ai fréquenté des mauvaises compagnies et elles m’ont entraîné et je suis tombé dans leur piège », confesse le détenu désormais libre par la grâce présidentielle. Il entend retrouver du travail et s’occuper de sa petite famille.
Aux 9 ex-prisonniers libérés, Ernest Ngassam a prodigués des conseils. Abandonnez la voie de la facilité, du mensonge, du vol et autres crimes et cultivez l’esprit de l’effort, le respect de votre personne, de celle de votre prochain et de la chose d’autrui, a-t-il exhorté. « Si vous vous êtes retrouvés en prison par accident, ou par ignorance de la loi, maintenant que vous l’avez connue, fuyez le mal, ne revenez pas en prison volontairement car, récidivistes, le tribunal sera sévère envers vous et vous ne bénéficierez plus d’une prochaine remise.
Pour le procureur générale du tribunal de grande instance de Garoua, Jean Nwafo , les prisonniers condamnés entre autres pour récidive, assassinat, vol aggravé, détournement de deniers publics, corruption, concussion, favoritisme, trafic d’influence et intérêt dans un acte tout comme pour fausse monnaie, fraude fiscale, fraude au examen, condamné pour infraction commise pendant qu’on est en détention… ne bénéficient pas de la remise des peines et des commutation.
En souhaitant une bonne réintégration aux détenus libérés, le régisseur Francis Wantoh Teih a prescrit discipline, bonne moralité et respect des personnels d’encadrement durant le reste de leur séjour à la prison centrale car, le gouvernement « se soucie des détenus ainsi que de leurs conditions de détentions ».
Construite pour accueillir 500 prisonniers, la prison de Garoua comptait près de 1400 pensionnaires, le 7 juin 2010. Les remises de peine et les commutations à 207 détenus va pouvoir la décongestionner et accorder « un plus d’espace pour se mouvoir » au reste des prisonniers.
Jean Pierre Hachda
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