Mont-Rhumsiki, Mokolo, Nord-Cameroun

mercredi 10 mars 2010

Insécurité:Le Bir quadrille l'Extrême-Nord

De nouvelles casernes militaires du Bataillon d’intervention rapide (Bir) seront bientôt construites à Kousséri et à Kaélé. L’annonce a été faite par le patron du Bir, le lieutenant colonel Bondol au cours de la visite du gouverneur au poste de commandement du Bir de l'Extrême-nord le 10 mars 2010. Une décision importante, quelques mois seulement après la prise de fonction du gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, Joseph Béti Assomo, qui veut mettre un terme à l’insécurité dans cette région.
La visite du gouverneur a également permis au colonel Bondol de dresser le bilan des actions entreprises par le Bir en 2009. Selon lui, les actions des éléments du 1er Bir basé à Salak sont très appréciables malgré quelques dérapages constatés. Ainsi, 6 coupeurs de route ont été neutralisés, 75 suspects transférés dans les unités de gendarmerie pour approfondir les enquêtes, 31 otages libérés, 215 bœufs récupérés et remis aux légitimes propriétaires enfin, plusieurs armes de guerre ont été récupérées entre les mains des malfaiteurs.
« Les deux casernes qui seront construites vont permettre aux éléments du lieutenant colonel de renforcer efficacement leurs actions sur le terrain et à mieux quadriller les secteurs les plus fréquentés par ces malfaiteurs », a indiqué Dabala Dji, opérateur touristique.

mardi 9 mars 2010

Afrique: Des assises pour relancer la filière cotonnière africaine


La question des subventions des grands producteurs de coton que sont les Etats-Unis et l’Union européenne à leurs ressortissants ne sera pas à l’ordre du jour, pour la première fois, de la 8e journée de l’Association cotonnière africaine qui se tient du 11 au 13 mars 2010 au Cameroun. C’est l’une des déclarations de la conférence de presse qu’a donné le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, en présence du ministre de la Communication , Issa Tchiroma et du directeur général de la Sodecoton , Iya Mohamed, en prélude à la tenue de ces assises au Cameroun.

« La situation cotonnière au Cameroun n’est pas bonne », selon le Dg de la Sodecoton , Iya Mohamed. La filière va mal, très mal même depuis trois ans malgré l’optimisme affiché par le Mincommerce qui a vite fait de balayé les propos du Dg en indiquant que le Cameroun est le pays le « moins sinistré » en Afrique. « Nous vendons mal le coton et nous ne pouvons pas augmenter le prix d’achat du coton auprès des producteurs », reconnait Iya Mohamed qui avoue que « les producteurs boudent le coton ».

Pour sauver la filière, la politique de diversification des produits, la transformation du textile et de l’huile végétale sont de plus en plus pratiquées comme « solutions », selon le Mincommerce. « 7.000 tonnes de soja ont été achetées auprès de producteurs au cours de la saison dernière pour assurer des revenus au producteurs », a indiqué Iya Mohamed. Selon lui, l’intérêt des producteurs doit être assuré.

Axés sous le thème, « le coton africain face à ses défis », les travaux de Yaoundé est une occasion pour « nous de s’interroger sur l’avenir du coton », selon Luc Magloire Mbarga Atangana. Subventionné à hauteur de 5 milliards de dollar an par les pays riches, la filière africaine entend fourbir de nouvelles stratégies pour contourner les dénonciations de subventions pratiquées par les riches. « Il est donc temps de changer les systèmes de production », reconnait enfin Iya Mohamed. Au nombre des résolutions, en plus de la diversification des produits, l’utilisation des nouvelles technologies dans les moyens de production et des organismes génétiquement modifiés (Ogm).

Quatre importantes communications attendent les 83 participants de 18 pays annoncés à Yaoundé du 11 au 13 mars prochain. Selon Jean Paul Tizi, président de l’Union des producteurs de coton de Lagdo, « les sols sont très pauvres. Nous avons des problèmes liés aux intrants agricoles. Le prix des engrais et des pesticides est très élevé. Cela paralyse l’activité cotonnière par le découragement des cotonculteurs ». Il explique également que certains planteurs prennent des produits agricoles à crédits, font des champs et ne parviennent pas à restituer la dette qu’ils ont contractée. Or, depuis plusieurs années, les cours mondiaux du coton sont au plus bas. Les pays producteurs de coton africain font face à la concurrence des pays du Nord dont la filière est subventionnée. Depuis, ils bradent leur coton pour survivre.

Créée à la veille de la rencontre l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2002 à Cancun, où la question des subventions cotonnières a été au centre des débats, l’Association cotonnière africaine entend défendre les intérêts des producteurs du coton, troisième exportateur mondial, après les Etats Unis et l’Ouzbékistan. Avec une vingtaine de sociétés cotonnières et d’égrenage repartis dans 16 pays, l’Association cotonnière africaine a également pour mission d’organiser et de défendre les filières cotonnières africaines en facilitant leur intégration mais également de s’impliquer dans l’action pour améliorer la qualité de la fibre.

vendredi 5 mars 2010

Grand-Nord : Campagne contre la poliomyélite


La campagne de vaccination 2010 contre la poliomyélite a été lancée e 05 mars dernier par le ministère de la Santé publique. La campagne de trois jours financée à hauteur de 30 millions de dollars par le Rotary Club International et concernant 18 autres pays d'Afrique du Centre et de l'Ouest concerne uniquement les trois régions septentrionales de l'Adamaoua, du Nord et l'Extrême- Nord.
Le choix des régions septentrionales se justifie par un cas de polio virus sauvage déclaré au camp des réfugiés tchadiens de Langui l’année dernière. Et selon Alim Hayatou, secrétaire d'Etat à la Santé publique, la présence de ce cas compromet la politique d'éradication de la poliomyélite au Cameroun, car il faut passer cinq ans sans qu'un cas ne soit déclaré dans le pays pour estimer que la pathologie est éradiquée.
Aussi, a-t-il indiqué lors de la cérémonie de lancement à Ngaoundéré, que la proximité du Cameroun avec le Nigeria et le Tchad, présentés comme des pays endémiques de la poliomyélite, exige une surveillance épidémiologique.
La poliomyélite, une maladie contagieuse qui se transmet par voie orale, peut provoquer une paralysie irréversible. La campagne va consister à l'administration à domicile de gouttes de vaccins aux enfants de 0 à 5 ans, vaccinés ou non.

dimanche 26 avril 2009

Soulédé-Roua : Le quotidien des populations sans eau potable


Alors que le cortège du Rdpc, en tournée de remerciement dans le Mayo-Tsanaga, avance sur la route rocailleuse qui mène de Mokolo à Soulédé Roua en passant par Mandaka et Bao le 24 avril 2009, une image retient toutes les attentions. Sous un arbre, près du radier qui sert de limite entre Mokolo et Bao, les populations s’activent à décharger d’un camion bleu, leur ration d’eau quotidienne, contenue dans des bidons de 20 à 40 litres. On peut ainsi distinctivement apercevoir, femmes et enfants qui s’empressent et se bousculent. « C’est triste et même pathétique !» lance alors un militant du parti des Flammes, au fond du bus réquisitionné pour la tournée, comme pour dire haut et fort, les tribulations des populations villageoises de cette région qui vivent depuis des décennies, sans eau ni électricité.
Le long du parcours, cette image de zone aride, sèche et assoiffée hante les esprits. Ici et là, se sont hommes, femmes et enfants, transportant l’eau dans des jerricanes, des bidons et des récipients en terre cuite, qui défilent. « Dans les villages de Bao-Tassaï, Bao-Ndevgaï, Roua, Mazam, Midré et environs, se procurer l’eau potable relève du parcours du combattant en ce moment » explique un conseiller de la commune rurale de Soulédé-Roua. « En cette période de canicule, il faut se lever vers 3 heures du matin pour aller chercher l’eau dans des points d’eau quasi-asséchés » réplique Matakon, habitant de Mazam alors que le président de la sous-section de Roua, Beklef Madala, dégaine les doléances des populations au sujet du besoin « absolu » de l’approvisionnement en eau potable du district de Soulédé-Roua à l’adresse de Zacharie Perevet, au terrain de municipal de Roua, lieu du meeting du Rdpc. Tous les jours, par dizaines, des femmes, filles et enfants prennent la route du barrage de Mokolo, situé à une dizaine de Km de Soulédé, à la recherche l’eau, denrée « très rare ». « Avant d’aller à l’école le matin, je fais au moins deux tours d’eau pour la maison. Mes parents sont fatigués et nous élevons chèvres, moutons, bœufs et porcs qui boivent beaucoup en cette période de chaleur. Or, il faut bien les donner à boire ! » insiste Dazna, une élève de la célèbre école primaire privée de Soulédé qui a formé la majorité des élites du coin notamment l’actuel ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, Zacharie Perevet.
« C’est difficile pour nos populations de vivre ainsi » reconnaît Ngabaya Tcheftchef, un inspecteur des régies civil à la retraite, élite influente de l’arrondissement. Selon lui, cette situation pénalise les populations qui n’arrivent pas à subvenir à leur besoin en eau potable. Une réalité qui n’est pas sans risque car « en 2003, nous avons enregistré trois décès à cause de manque d’eau » se souvient Ngabaya.
D’après son récit, deux vieillards avaient été retrouvés inertes dans leur case. Près d’eux, on avait trouvé un canari vide, une calebasse sèche entre les mains et la bave dégoulinante de la bouche. « Il a fallu arracher les calebasses des mains des deux vieillards car ils les tenaient solidement » précise Ngabaya par ailleurs conseiller municipal de la commune de Roua. La troisième victime, selon ses dires, était une femme qui avait été « déchiquetée », sans être dévorée, par une panthère alors qu’elle s’était rendue à 3 heures du matin dans l’unique point d’eau du village. « Croyant qu’elle bousculait une femme du village, elle ne s’était pas aperçue que c’était une panthère qui cherchait à se désaltérer » raconte notre source.
Dans l’arrondissement de Soulédé-Roua et dans les environs, des histoires morbides, relatives à l’eau, ne manquent pas. Selon un lawane de Midré, il y a quelques années, le cas d’un père de famille qui s’était rendu à Mokolo, à dos d’âne, pour se procurer de l’eau, est connu de tous. Ayant rempli ses deux bidons, il décida de faire boire son âne. « L’âne qui n’avait pas bu une seule goutte d’eau depuis trois jours, s’est mis à boire, boire et boire. A la fin, il tomba raide mort. Regardant son âne mort, ses deux bidons pleins et posés là près de l’animal inerte, pensant à sa famille restée sans eau, il s’écroula ».
Pour le maire de la commune de Soulédé-Roua, « l’approvisionnement en eau potable du district est essentiel ». Selon lui, ce sont les financements qui posent problème puisque des études relatives au coût des travaux estimé à 550 millions avaient été réalisées avec l’expertise du Midima. « Depuis, c’est un silence radio. On ne comprend pas toujours pourquoi on laisse les populations mourir de soif » dénonce un enseignant du lycée de Roua. Pour Sawalda, militant de l’Undp, il s’agit simplement d’un manque de volonté politique. « La ville de Mora située à plus de 60 Km vient d’être approvisionnée en eau potable alors que les populations de Mozogo et Soulédé-Roua et des environs, pourtant tout près, peuvent continuer à mourir de soif sans que cela ne gêne personne ».