Mont-Rhumsiki, Mokolo, Nord-Cameroun
lundi 3 janvier 2011
Bidzar: La Paroisse fête ses 50 ans
Noire de monde, la cour intérieure de la Paroisse Cœur Immaculée de Marie de Bidzar s’est avérée insuffisante pour accueillir les fidèles chrétiens de la Paroisse et d’ailleurs venus célébrer les 50 ans de d’évangélisation de la paroisse. Célébré en la solennité de l’Epiphanie, le jubilé d’or de la Paroisse Cœur Immaculée de Marie de Bidzar est lourd de sens selon Mgr Antoine Ntalou, archevêque de Garoua. « La fête d’aujourd’hui est une révélation de Jésus. Mais une révélation de Jésus à ceux qui n’étaient pas juifs », a-t-il dit. C’est en ce jour, de l’Epiphanie, le 2 janvier 2011, que « les païens que nous sommes, sommes associés au même héritage que les juifs ».
Si l’œuvre de l’évangélisation a commencé depuis deux mille ans dans le monde, c’est depuis 50 ans qu’elle a atteint le peuple de Bidzar. Aussi, si c’est une bonne chose de célébrer les noces d’or d’une paroisse, « nous devons apprendre à rendre grâce à Dieu », a exhorté Mgr Ntalou. Il a demandé « qu’est ce que la paroisse de Bidzar a fait de la Bonne Nouvelle qu’elle a reçu depuis 50 ans ?» L’œuvre accompli est à comparer dans la fréquentation des prières, la célébration du mariage et de notre engagement dans les actions menées par l’Eglise. Au contraire, les ténèbres sont entrées dans plusieurs mariages mariage chrétiens de cette paroisse, plusieurs chrétiens manquent d'intérêt pour la chose de la foi et de l’Eglise. « Nous avons un peu avancé, nous sommes aussi beaucoup tombé. Il y a eu des chutes, il faut faire quelque chose, c’est le moment », a-t-il expliqué. Le jubilé est un moment de joie, mais c’est aussi un moment où nous prenons de nouvelles responsabilités.
« Au commencement était cette parole : « Allez, de toutes les nations faites mes disciples et baptisez-les au nom du père et du fils et du saint Esprit… » et depuis 1960, par ses premiers baptisés, cette bonne nouvelle a pris racine dans cette terre bénie de Bidzar », a quelque minute plus tôt confessé le Curé de la paroisse de Bidzar, l’Abbé Emile Kofor Saiga. Il a rendu hommage aux « ouvriers de la première heures » qui se sont heurtés aux résistances et difficultés de toutes sortes pour apporter la parole de Dieu aux païens. « je voudrais particulièrement salué ici le prêtre qui commença il y a cinquante ans dans des conditions modestes ce que nous appelons aujourd’hui la paroisse Cœur immaculé de Marie de Bidzar : j’ai nommé l’infatigable doyen le père Alexis Atangana ». Avec 4.965 baptisés, la paroisse a vu le passage de 12 prêtres et 08 religieuses. Elle compte également 2 prêtres, 2 religieuses, 4 petits séminaristes et 3 postulantes.
jeudi 23 décembre 2010
Renaissance de Ngoumou humiliée à Garoua
Après un match nul, âprement arraché à Ngaoudéré University Fc le week-end dernier à Ngaoundéré, Cotonsport de Garoua qui recevait Renaissance de Ngoumou le 22 décembre 2010 au stade de Roumdé adjia de Garoua, match comptant pour la 7e journée, a donné une leçon de foot aux poulains de Towa Richard. 5 à 0 à la fin de la rencontre, c’est Momi Hilaire (7) qui ouvre le score dès la 10e minute. Le sort du match va se sceller à la 26e minute lorsque Kpwolon Serge (13) de Renaissance, alors dernier défenseur, tacle Haman Jacques (26) qui s’était retrouvé seul face au gardien Nsangou. Il écope d’un carton rouge. Towa Richard, le coach de Renaissance décide alors de faire sortir un attaquant, Endougou René (7) pour le défenseur Ndeng Pierre (15). A dix contre onze, Renaissance tient jusqu’à la fin de la première partie.
Cinq minute de jeu après la reprise, Momi Hilaire marque son deuxième but sur corner centré par Oyonga Bitoko. Affaibli, dominé, Renaissance est presque transparente devant Contonsport qui multiplie des occasions de buts. A la 60e minute, Lancina Karim (2) de Cotonsport, sur un coup franc à 20 m de la surface de réparation, arme sa frappe et transperce les filets. Coton mène 3 à 0. Momi Hilaire, le Centrafricain de Cotonsport s’offre un tripait à la 65e sur un pressing offensif et marque le 4e but. L’entrée d’Alnoudji Nicholas à la 73e minute est accompagne des ovations des supporters de Coton. C’est Ismaïla Baba qui va saler l’addition en marquant le 5e bur de Coton à la 85e minute sous les acclamation des supporter qui semblent avoir retrouver Cotonsport des grands jours.
Stade Omnisports Roumde Adjia
heure15 H 30
Coton Sport de Garoua # Renaissance de Ngoumou
Score : 5-0
Equipes
Coton sport de Garoua
16 Moumine Kasssouré 3 Ndzana Kana 15 Ewonde Epassi 8 Pala Sie 28 Oyonga Bitoko 2 Lancina Karim (14 Alnoudji Nicholas, 73e mn)10 Ashu Tamae (11 Ousmaila Baba, 60e mn)20 Balokog Nack 27 Salli Edgar 7 Momi Hilaire 26 Haman Jacques (18 Babanda Jacques, 69e mn)Remplaçants 18 Babanda Jacques
11 Ousmaila Baba 14 Alnoudji Nicholas 9 Minane Paul 21 Mbongo Ewangue 12 Seidou Idrissa 22 Mouloum Illiassou Coach : Haman Gabrielle
Renaissance de Ngoumou
1 Nsangou 5 Ndjock Yves 8 Belinga Steve 3 Ibrahim Wassia 13 Kpwolon Serge (carton rouge, 26e mn)
12 Ihkanga Jean 6 Armand Mefire (20 Ndjam Alain, 64e mn)23 Ondolo Alix 7 Endougou Rene (15 Ndeng Pierre, 30e mn)21 Belga Emmanuel 10 Obekop Marius Remplaçants 2 Dassi Alfred 11 Tchuente Cyrille
20 Ndjam Alain 15 Ndeng Pierre 16 Ngana Eric 19 Ngoniffe Junior 14 Anaba Patrick Coach: Towa Richard
Officiels:
Arbitre: Nlepna David
Arbitre assistant N°1: Ngo’on Mbeleck
Arbitre assistant N°2: Ndam Blaise
4e arbitre : Daïrou Gambo
Coordinateur général : Kiloa Falou
Commissaire : Maliki Daniel
Butteurs:
7 Momi Hilaire (10e, 50e ,65e), 2 Lancina Karim (60 e), 11 Ousmaila Baba (85e mn)
Réactions
Haman Gabrielle, coach de Coton Sport
Comme depuis le début de la saison, les gars se donnent à fond, ils font des bons matches. C’est vrai que dans les autres matches on n’a pas eu la chance de marquer beaucoup de but. Cet après midi on a marqué cinq buts. Je crois que c’est mérité dans l’ensemble du match et dans l’ensemble de la saison. Je pense que cette équipe est en construction. C’est une équipe qui ne fait que progresser au cours des matchs. Là, on a atteint un bon niveau. C’est vrai qu’il faut davantage l’améliorer pour les matchs de coupe africaine. Je dis au public de ne pas s’inquiéter. Cette équipe monte en puissance et nous arriverons à faire quelque chose de bien dans les jours à venir.
Towa Richard, coach de Renaissance de Ngoumou
La rencontre s’est jouée à la première mi-temps. Ça a déstabilisé tout le groupe. Je crois que les quatre autres buts sont venus très facilement. La première a été décisive pour ce match. On ne peut pas se fier sur le report du match pour expliquer cet échec. C’est un match qui s’est joué en 90 minutes. Tous les joueurs étaient appelés à pouvoir donner le maximum d’eux même. Le match s’est joué à la première mi-temps, le carton rouge, il a été un peu trop sévère et il y a des actions qui n’étaient vraiment pas facile pour nous.
Garoua : Les détenus ouvrent boutique
Située en face de la prison centrale, « la boutique du détenu » offre au public des objets d’art fabriqués par les prisonniers.
L’ouverture de « la boutique du détenu » a été l’un des moments forts et innovants de la célébration de l’arbre de noël 2010 à la prison centrale de Garoua le 22 décembre 2010. Fruit de l’Association « Cam to me », le magasin qui est logé dans un container aménagé est un espace de vente des différents produits et objets d’arts, de décorations, de sports conçus par les prisonniers de la prison centrale. Le projet qui a vu le jour grâce au concours d'un groupe d'amis italiens réunis au sein « Cam to me » vise d’un part à faire connaître au grand public, le savoir-faire des prisonniers, et la réinsertion socio-profession des détenus d’autre part. « La boutique du détenu est entièrement gérée par les prisonniers eux-mêmes. Nous allons les accompagner dans le processus d’approvisionnement, de la gestion des stocks, du marketing, de la tenue d’une bonne comptabilité », explique David Bayang, membre de « Cam to me » et volontaire à la prison.
De même, les bénéfices tirés de la vente des objets sont totalement rétrocédés aux détenus pour les aider à subvenir à leurs besoins vitaux voire payer le transport du détenu libéré après avoir purgé sa peine. « Le prisonnier peut également cotiser cet argent et une fois sorti de la prison, monter un projet pour sa réinsertion avec notre appui », révèle David Bayang qui regrette que tous les prisonniers notamment les femmes n’y participent pas pleinement faute de formation. Ici, l’apprentissage se transmet par détenus qui se regroupent dans des coins pour tisser, broder ou sculpter des œuvres. « L’autre handicap, ce qu’il est formellement interdit de faire entrer des objets « dangereux » à l’intérieur de la prison (marteau, couteau, ciseaux, scie etc). Ce qui limite la variété des prestations à présenter par les prisonniers », déplore-t-
Du 20 au 22 décembre 2010, le programme de la semaine de l’arbre de noël à la prison centrale de Garoua déroulait une diversité d’activités dont l’investissement humain, la projection d’un film sur écran géant, le match des incollables, les causeries éducatives sur la salubrité en milieu carcéral, les concours de danses traditionnelles, de poèmes et sketchs, un match de foot et un repas avec le millier de prisonnier du centre détention. Des prix ont ainsi été remis aux meilleurs. La messe de noël a d’ailleurs été dite par Mgr Antoine Ntalou, archevêque métropolitain de Garoua qui a fait le déplacement de la prison.
«Nous sommes venus vers eux en ce jour pour leur rappeler que la fête de noël n’est pas seulement pour les autres, mais pour eux », a rappelé Mgr Antoine Talou. La privation de liberté est une épreuve non négligeable. « mais le fait d’être détenu ne signifie pas qu’on pas aimé par Dieu », a-t-il dit avant de dire, «sachez que Dieu vous aime, il vous aime ». Dans son homélie, il a rassuré les détenus en disant que «Dieu vient à l’homme qui est tombé pour le relever ».
Construite pour accueillir 500 prisonniers, la prison de Garoua comptait près de 1500 pensionnaires le 22 décembre 2010. 80 à 160 détenus occupent chacune des 11 cellules de la prison. La cellule N°11 est réservée aux 11 femmes détenues. Malgré les efforts des responsables en charge des prisons, il faut noter que les liés au surpeuplement, à la promiscuité et à la qualité de l’alimentation des détenus sont criards. « Je voudrais conduire un plaidoyer pour inciter le gouvernement en place à faire bon usage de la main d’œuvre pénale. La préparation à la réinsertion socioprofessionnelle du détenu, passe aussi par la mise en place d’un cadre spécial de législation de travail des détenus », espère David Bayang qui souhaite offrir sa dignité à tous les prisonniers de Garoua.
Interview
«70% des prisonniers de Garoua sont des récidivistes »
David Bayang, volontaire à la prison centrale de Garoua
Comment est né votre projet ?
Cela fait bientôt 5 ans que j’interviens bénévolement aux cotés des détenus de la prison centrale de Garoua. L’essentiel de ma mission porte sur l’assistance judiciaire aux détenus les plus indigents. Cette assistance consiste à diligenter les dossiers des prisonniers auprès du Parquet, à requérir les services d’un Avocat pour les dossiers complexes, à payer les contraintes par corps pour les prisonniers les plus nécessiteux, à mettre en lien les détenus avec leurs familles. Pendant mes visites de monitoring, j'ai remarqué que les détenus ont du génie et du talent. Ils savent réaliser des objets d’arts, de décorations, de sports etc. J'ai pensé qu’on pouvait les accompagner en créant un espace de vente des différents produits conçus par leurs soins. Cet espace a vu le jour avec le concours d'un groupe d'amis italiens réunis au sein d'une petite association appelée « Cam to me ».
Que recherchez-vous par ce projet ?
Notre intention est de faire connaître au grand public, le savoir-faire des prisonniers. Le projet vise aussi la réinsertion socio-profession des détenus. A terme, nous allons construire une salle polyvalente qui servira de cadre pour accueillir ceux des prisonniers qui désirent apprendre à concevoir un objet d’art commercialisable.
Comment est géré cet établissement ?
La boutique du détenu est entièrement gérée par les prisonniers eux-mêmes. Nous allons les accompagner dans le processus d’approvisionnement, de la gestion des stocks, du marketing, de la tenue d’une bonne comptabilité.
Est-ce tous les détenus qui sont concerné par ce projet ?
Oui, tous sont interpellés à y participer activement. Il y a un problème chez les femmes prisonnières : elles ont besoin de formation avant de se lancer dans la fabrication des objets. L’autre handicap, ce qu’il est formellement interdit de faire entrer des objets « dangereux » à l’intérieur de la prison (marteau, couteau, ciseaux, scie etc). Ce qui limite la variété des prestations à présenter par les prisonniers.
Quels avantages disposent-ils en produisant des objets d’art pour cette échoppe ?
Les bénéfices tirés de cette boutique sont entièrement rétrocédés aux détenus. Cet argent peut aider à subvenir aux besoins vitaux des prisonniers. Il peut aussi aider à payer le transport du détenu libéré après avoir purgé sa peine.
L’ouverture de « la boutique du détenu » a été l’un des moments forts et innovants de la célébration de l’arbre de noël 2010 à la prison centrale de Garoua le 22 décembre 2010. Fruit de l’Association « Cam to me », le magasin qui est logé dans un container aménagé est un espace de vente des différents produits et objets d’arts, de décorations, de sports conçus par les prisonniers de la prison centrale. Le projet qui a vu le jour grâce au concours d'un groupe d'amis italiens réunis au sein « Cam to me » vise d’un part à faire connaître au grand public, le savoir-faire des prisonniers, et la réinsertion socio-profession des détenus d’autre part. « La boutique du détenu est entièrement gérée par les prisonniers eux-mêmes. Nous allons les accompagner dans le processus d’approvisionnement, de la gestion des stocks, du marketing, de la tenue d’une bonne comptabilité », explique David Bayang, membre de « Cam to me » et volontaire à la prison.
De même, les bénéfices tirés de la vente des objets sont totalement rétrocédés aux détenus pour les aider à subvenir à leurs besoins vitaux voire payer le transport du détenu libéré après avoir purgé sa peine. « Le prisonnier peut également cotiser cet argent et une fois sorti de la prison, monter un projet pour sa réinsertion avec notre appui », révèle David Bayang qui regrette que tous les prisonniers notamment les femmes n’y participent pas pleinement faute de formation. Ici, l’apprentissage se transmet par détenus qui se regroupent dans des coins pour tisser, broder ou sculpter des œuvres. « L’autre handicap, ce qu’il est formellement interdit de faire entrer des objets « dangereux » à l’intérieur de la prison (marteau, couteau, ciseaux, scie etc). Ce qui limite la variété des prestations à présenter par les prisonniers », déplore-t-
Du 20 au 22 décembre 2010, le programme de la semaine de l’arbre de noël à la prison centrale de Garoua déroulait une diversité d’activités dont l’investissement humain, la projection d’un film sur écran géant, le match des incollables, les causeries éducatives sur la salubrité en milieu carcéral, les concours de danses traditionnelles, de poèmes et sketchs, un match de foot et un repas avec le millier de prisonnier du centre détention. Des prix ont ainsi été remis aux meilleurs. La messe de noël a d’ailleurs été dite par Mgr Antoine Ntalou, archevêque métropolitain de Garoua qui a fait le déplacement de la prison.
«Nous sommes venus vers eux en ce jour pour leur rappeler que la fête de noël n’est pas seulement pour les autres, mais pour eux », a rappelé Mgr Antoine Talou. La privation de liberté est une épreuve non négligeable. « mais le fait d’être détenu ne signifie pas qu’on pas aimé par Dieu », a-t-il dit avant de dire, «sachez que Dieu vous aime, il vous aime ». Dans son homélie, il a rassuré les détenus en disant que «Dieu vient à l’homme qui est tombé pour le relever ».
Construite pour accueillir 500 prisonniers, la prison de Garoua comptait près de 1500 pensionnaires le 22 décembre 2010. 80 à 160 détenus occupent chacune des 11 cellules de la prison. La cellule N°11 est réservée aux 11 femmes détenues. Malgré les efforts des responsables en charge des prisons, il faut noter que les liés au surpeuplement, à la promiscuité et à la qualité de l’alimentation des détenus sont criards. « Je voudrais conduire un plaidoyer pour inciter le gouvernement en place à faire bon usage de la main d’œuvre pénale. La préparation à la réinsertion socioprofessionnelle du détenu, passe aussi par la mise en place d’un cadre spécial de législation de travail des détenus », espère David Bayang qui souhaite offrir sa dignité à tous les prisonniers de Garoua.
Interview
«70% des prisonniers de Garoua sont des récidivistes »
David Bayang, volontaire à la prison centrale de Garoua
Comment est né votre projet ?
Cela fait bientôt 5 ans que j’interviens bénévolement aux cotés des détenus de la prison centrale de Garoua. L’essentiel de ma mission porte sur l’assistance judiciaire aux détenus les plus indigents. Cette assistance consiste à diligenter les dossiers des prisonniers auprès du Parquet, à requérir les services d’un Avocat pour les dossiers complexes, à payer les contraintes par corps pour les prisonniers les plus nécessiteux, à mettre en lien les détenus avec leurs familles. Pendant mes visites de monitoring, j'ai remarqué que les détenus ont du génie et du talent. Ils savent réaliser des objets d’arts, de décorations, de sports etc. J'ai pensé qu’on pouvait les accompagner en créant un espace de vente des différents produits conçus par leurs soins. Cet espace a vu le jour avec le concours d'un groupe d'amis italiens réunis au sein d'une petite association appelée « Cam to me ».
Que recherchez-vous par ce projet ?
Notre intention est de faire connaître au grand public, le savoir-faire des prisonniers. Le projet vise aussi la réinsertion socio-profession des détenus. A terme, nous allons construire une salle polyvalente qui servira de cadre pour accueillir ceux des prisonniers qui désirent apprendre à concevoir un objet d’art commercialisable.
Comment est géré cet établissement ?
La boutique du détenu est entièrement gérée par les prisonniers eux-mêmes. Nous allons les accompagner dans le processus d’approvisionnement, de la gestion des stocks, du marketing, de la tenue d’une bonne comptabilité.
Est-ce tous les détenus qui sont concerné par ce projet ?
Oui, tous sont interpellés à y participer activement. Il y a un problème chez les femmes prisonnières : elles ont besoin de formation avant de se lancer dans la fabrication des objets. L’autre handicap, ce qu’il est formellement interdit de faire entrer des objets « dangereux » à l’intérieur de la prison (marteau, couteau, ciseaux, scie etc). Ce qui limite la variété des prestations à présenter par les prisonniers.
Quels avantages disposent-ils en produisant des objets d’art pour cette échoppe ?
Les bénéfices tirés de cette boutique sont entièrement rétrocédés aux détenus. Cet argent peut aider à subvenir aux besoins vitaux des prisonniers. Il peut aussi aider à payer le transport du détenu libéré après avoir purgé sa peine.
mercredi 15 décembre 2010
Maroua : Le festival «Yelwata Maroua Ier 2010 » se prépare
Intégrer les produits artistiques et culturels dans la politique de développement de la commune à travers leur intégration dans les échanges avec d’autres communauté et en donnant à leur promoteurs la possibilité d’être présents aux différents rendez-vous du donner et du recevoir. C’est l’objectif donnez par les responsables de la commune de Maroua 1er au premier festival culturel baptisé «Yelwata Maroua Ier 2010 » qui se tiendra du 28 au 30 décembre 2010 dans l’enceinte de la bibliothèque pilote régionale de Maroua, village du festival.
Au programme, des conférences et débats portant sur la culture, des expositions d’objets d’art, jeux et tombola, une foire expo-promo, des projections cinématographiques, des activités culturelles, l’élection Mis et master Maroua 1er une fantasia et diverses autres attraction. Pour le président du comité d’organisation, le maire de Maroua 1er, Hamadou Haminou, le festival des arts et de la culture « Yelwata Maroua Ier entend « participer à la promotion des cultures locales dans le contexte de la décentralisation ». Artisans, artistes, humoristes, écrivains, cinéastes, imminents professeurs et promoteurs sont attendus au village du festival qui accueillera les visiteurs de 9 heures à 22 heures.
Organisé sous le thème « la culture : socle de développement de Maroua Ier, le festival «Yelwata Maroua Ier 2010 » entend placer la culture au centre du développement local. « une fantasia sera organisée en face du village du festival le 30 décembre à 15 heures en présence de sa Majesté le lamido de Maroua. Elle sera précédée de 02 combats de lutte traditionnelle», indique un membre du comité d’organisation.
Des stands seront mis à la disposition des entreprises et des acteurs du secteur informel pour exposer et faire la promotion et la vente de leurs produits. Avec la fermeture de la quasi-totalité des salles de cinéma dans la région du Grand-Nord, le festival «Yelwata » offrira une occasion de discuter, d’exposer et de commenter sur des films produits par les cinéastes locaux. Les soirées culturelles verront voir passer les groupes de danse de la région. «Au soir du 30 décembre, seront organisée des élections en vue de désigner la mis et le master de Maroua 1er Le choix sera fait par un jury impartial choisi parmi des hommes de culture », prévient le maire de Maroua 1er, Hamadou Haminou.
Au programme, des conférences et débats portant sur la culture, des expositions d’objets d’art, jeux et tombola, une foire expo-promo, des projections cinématographiques, des activités culturelles, l’élection Mis et master Maroua 1er une fantasia et diverses autres attraction. Pour le président du comité d’organisation, le maire de Maroua 1er, Hamadou Haminou, le festival des arts et de la culture « Yelwata Maroua Ier entend « participer à la promotion des cultures locales dans le contexte de la décentralisation ». Artisans, artistes, humoristes, écrivains, cinéastes, imminents professeurs et promoteurs sont attendus au village du festival qui accueillera les visiteurs de 9 heures à 22 heures.
Organisé sous le thème « la culture : socle de développement de Maroua Ier, le festival «Yelwata Maroua Ier 2010 » entend placer la culture au centre du développement local. « une fantasia sera organisée en face du village du festival le 30 décembre à 15 heures en présence de sa Majesté le lamido de Maroua. Elle sera précédée de 02 combats de lutte traditionnelle», indique un membre du comité d’organisation.
Des stands seront mis à la disposition des entreprises et des acteurs du secteur informel pour exposer et faire la promotion et la vente de leurs produits. Avec la fermeture de la quasi-totalité des salles de cinéma dans la région du Grand-Nord, le festival «Yelwata » offrira une occasion de discuter, d’exposer et de commenter sur des films produits par les cinéastes locaux. Les soirées culturelles verront voir passer les groupes de danse de la région. «Au soir du 30 décembre, seront organisée des élections en vue de désigner la mis et le master de Maroua 1er Le choix sera fait par un jury impartial choisi parmi des hommes de culture », prévient le maire de Maroua 1er, Hamadou Haminou.
mardi 14 décembre 2010
Ngong/Garoua: Chrétiens et musulmans souhaitent vivre en paix
Initiée par le comité « justice et paix » du Codas-Caritas de Garoua, la célébration interreligieuse vise à apaiser les tensions et conflits entre éleveurs et agriculteurs.
La grande cour de la résidence du lamido de Tchéboa à Ngong, localité située à une trentaine de Km de Garoua, chef lieu de la région du Nord, a servi de cadre à une célébration interreligieuse pour la paix, le 14 décembre 2010. C’était en présence de Mgr Antoine Ntalou, Archevêque de Garoua, du Révérend pasteur Emmanuel Ousmanou Bivagaï, président du Conseil des Eglises Protestantes du Cameroun et Sa Majesté Moussa Aboubakari, lamido de Tchéboa, chef traditionnel et religieux et du représentant du sous-préfet de Tchéboa. « La paix est la racine de tout développement. Il n y a pas de développement sans paix », a d’entrée de jeu déclaré l’iman de mosquée de Ngong en invitant les populations, éleveurs, cultivateurs et commerçants à rechercher la paix.
« Nous réclamant d’un même créateur et appelés à cohabiter dans un même territoire, nous n’avons pas d’autres choix que de collaborer », a déclaré l’Abbé Augustin Vondou, curé de la paroisse de Ngong dans son mot introductif tout en espérant cette célébration « nous fera ressortir les réalités que nous vivons et nous offrira des pistes vers une cohabitation paisible et fraternelle ». Après la lecture d’un verset du coran et de la bible, la lecture intégrale de la déclaration commune signée par l’Archevêque de Garoua, le président du Conseil des Eglises Protestantes du Cameroun et le lamido de Tchéboa.
« Les populations de l’Arrondissement de Tchéboa, enfant du même Dieu, sont appelées à cohabiter sereinement sur le même territoire. Et nous, autorités traditionnelles et religieuses, nous voulons accompagner ces populations en favorisant des espaces de dialogue et d’entente entre elles », énonce la déclaration. Les signataires s’engagent ainsi à aplanir les conflits entre les populations en examinant objectivement les situations de conflits, dans le respect de la vérité des faits. Sa Majesté Moussa Aboubakari, lamido de Tchéboa, est d’ailleurs revenu sur la symbolique de cette rencontre. « Que cette parole n’entre pas dans les oreilles des sourds », a-t-il dit. Il a ainsi appelé les populations à la tolérance et en a même profiter de la tribune pour rappeler le sens du mariage, l’importance d’éduquer les enfants tout comme le sens des mots Droits de l’homme et démocratie.
Pour l’Archevêque métropolitain de Garoua, les plus de 100.000 âmes que comptent l’arrondissement de Tchéboa, (112.000 selon le dernier recensement) et vivant de l’agriculture, de l’élevage et autres activités économique, se côtoient au quotidien. « Ces gens qui ne se voyaient pas hier se rencontrent aujourd’hui sur leur route, à cause de leurs occupations, et il n’est pas rare que des frictions naissent et que des conflits éclatent, surtout entre cultivateurs et éleveurs. Notre région et notre pays ont besoin des uns et des autres, lesquels doivent trouver le moyen de mener une coexistence pacifique », relève Mgr Antoine Ntalou. S’il note que les autorités administratives prennent des mesures opportunes pour sauvegarder les intérêts des uns et des autres, « naturellement ces mesures devraient être révisées périodiquement, selon les besoins et les nécessités ».
En clair, que les populations contribuent à créer un espace commun. « Nous devons vivre et travailler ensemble, dans la concorde et l’entente », a-t-il conclu. Au représentant du sous-préfet d’exhorter les populations de l’arrondissement de Tchéboa à « tout faire pour préserver cette paix », car les conflits menace la paix et la cohésion entre les éleveurs et les agriculteurs. C’est pourquoi il faut respecter scrupuleusement les dispositions qui réglementent la vie en milieu rural. Après Tcholiré en 2009, la deuxième édition du dialogue interreligieux est une initiative du comité « Justice et Paix » du Codas-Caritas de l’Archidiocèse de Garoua qui vise à délivrer message de paix et de concorde dans des localités où les conflits entre éleveurs et agriculteurs sont majeurs.
Réactions
« Suivre le dialogue qu’on vient d’avoir »
Moussa Aboubakari, lamido de Tchéboa
C’est Dieu qui nous a choisi popu diriger la population. Le message que je donne à mes frères et sœurs, c’est de suivre le dialogue qu’on vient d’avoir avec les chefs religieux. Il ne faut pas que cela entre dans les oreilles de sourd parce que je suis d’accord avec tout ce qui a été dit.
« Nous avons un effort à faire dans le pays et dans l’entente »
Mgr Antoine Ntalou, Archevêque de Garoua
Nous avons noté qu’il ya un phénomène récurent dans notre localité très peuplée, aux activités économiques très variées. Ce phénomène récurent c’est celui de l’opposition et qui plus est de l’affrontement même entre les éleveurs et les agriculteurs pour ne pas parler des autres groupes. Naturellement, cette situation porte préjudice d’abord aux relations humaines entre les habitants de la même localité mais aussi en définitive aux activités économiques qui sont perturbés et parfois même fortement entamées. Nous avons estimé qu’à coté de l’action que mène l’administration en particulier dans le domaine de la réglementation des zones pastorale et des zones réservée à l’agriculture, il y avait une autre action à mener, celle-là qui fait appel aux fibres du cœur des personnes. C’est pour cela que nous avons estimé nécessaire d’organiser cette célébration interreligieuse pour monter à tous, en tant que fils et fille du même pays, enfant du même Dieu, du même créateur, que nous avons un effort à faire dans le pays et dans l’entente.
« Il est très important que nous concevrions cette paix »
Rd pasteur Emmanuel Ousmanou Bivagaï, président du Conseil des Eglises Protestantes du Cameroun
Cela a surpris des gens. Tout le monde était content. Le lamido, il me disait qu’il a été surpris, c’est une bonne chose. Je pense que cela va conscientiser les gens. Ce n’est pas pour rien qu’on a tenu cette célébration ici. Il y a des problèmes, les agriculteurs et des éleveurs ont des conflits. Nous voulons passer par cette célébration pour apporter notre contribution pour que demain ou après de main, ces gens qui cohabitent, s’entendent. Qu’ils trouvent des solutions à leur problèmes à l’amiable. Nous pouvons passer par la parole de Dieu au niveau des chrétiens, par l’Islam au niveau de musulmans et les animistes qui sont là aussi profitent parce que notre pays est un pays de paix. Il est très important que nous concevrions cette paix là jusqu’au bout.
lundi 13 décembre 2010
Garoua: Noel, fraternité et partage
Dans la plus grande métropole du Grand-Nord, le fête de Noël est considérée, autant par les chrétiens, musulmans et animiste, comme un moment de communion et de partage.
«Pour moi, la fête de Noel représente, autant que la fête de Ramadan que de Mouton, une occasion de vivre ensemble, de partager avec ses voisins, ses amis et ses collaborateurs de travail». Ainsi s’exprime Abdou, musulman, employé dans un grand magasin de la ville de Garoua. Selon lui, on ne peut pas y échapper car Noel est une très grande fête. « Nous vivons dans une ville où les communautés musulmanes, chrétienne et même païenne vivent leur croyance. Au quotidien comme lors des grands évènements, on se côtoie et on vit ensemble», ajoute-t-il même s’il admet qu’il ne dépense rien et passe la journée à honorer à des invitations des proches.
«Moi je suis d’une famille qui est moitié musulmane et moitié chrétienne. Il n’y aucune raison pour nous de ne pas fêter la Noel. C’est même absurde car autant qu’à Noel ou pendant le ramadan, tout le monde est concerné et c’est la fête dans la grande famille. Mes oncles chrétiens et musulmans se rencontrent et partagent des repas traditionnels et se racontent de vieux souvenirs. C’est un moment exceptionnel. Et même, pendant le jeune du Ramadan, mes cousins et neveux chrétiens jeûnent et nous accompagnent. Ils se privent de manger toute la journée. Ça renforce nos liens et instaure la tolérance dans la famille », révèle Jean Bouba, originaire du Mayo-Kani. « Pour preuve, je porte deux noms : chrétien et musulman », se vante-t-il.
Devenue musulmane par alliance, Habiba, elle a épousé un jeune «Alhadji » avec qui elle a deux enfants. « Je partage depuis cinq ans la vie et la foi de mon époux. Lui et moi honorons toujours à l’invitation de ma famille tout comme eux aussi nous rendent visite. Refuser de fêter et considérer cette occasion de partage serait comme nier les liens qui nous unissent lui et moi, ma faille et la sienne », croit savoir Habiba. Dans cette partie du pays, comme il est de coutume en de pareille occasion, certaines, non chrétiens, ne lésinent pas sur les moyens pour recevoir les « invités qui pourront passer vous dire bonjour ce jour-là », explique Hamadou.
Noel, c’est la fête des enfants. Coïncidant avec la fin d’année et du premier trimestre dans les écoles, les enfants de la maternelle particulièrement, reçoivent de multiples cadeaux de leurs parents et proches. « L’arbre de noël qui coïncide avec la remise des cadeaux de congé de Noël est un grand moment pour les parents de découvrir les qualités de comédiens, danseurs et de prestation dans les récitations de leurs enfants. Ici, les parents sont heureux d’ accompagner leur progénitures », révèle une maitresse de l’école maternelle de Djamboutou. Ils ont alors le bonheur de partager les premières expériences de ces derniers.
A l’approche de noël, dans les hôpitaux, les prisons et les orphelinats, les enfants malades et abandonnés ont l’occasion d’écouter l’histoire du petit Jésus qui est et reste leur fidèle compagnon. « Nous offrons des cadeaux à tous les enfants hospitalisés et aux nouveaux nés le jour de noël », indique une infirmière d’un hôpital privé de la place. «Mon fils est né le 25 décembre 2008 et ce jour là, il a reçu de nombreux cadeaux offerts à l’occasion de la fête de noël. Je ne peux pas oublier ces instants. Depuis, la venue de Noël est restée pour moi un moment de réjouissance. D’ailleurs l’anniversaire de mon fils est célébré ce jour-là et il y a la fête à la maison. J’en profite d’ailleurs pour en faire une grande fête et inviter tout le monde », raconte Amina, une musulmane convaincue.
Les grandes personnes ne sont en reste. « Je n’ai jamais compris la magie de noël. C’est un miracle. Pendant cette fête, de nombreux jeunes de mon village, partis en aventure, reviennent tous pour fêter au village. Or, beaucoup ne sont ni chrétiens ni musulmans », constate Matakwan, pousseur à Garoua. D’après son récit, « même pour les gens qui adorent encore les ancêtres, c’est un moment merveilleux. Beaucoup se décident d’ailleurs pour la première fois à aller à l’Eglise, question d’aller voir », raconte ce jeune homme originaire de Mokolo dans le Mayo-Tsanaga. « Noel c’est pour tout le monde. Il s’agit simplement de voir les fréquentations des magasins, foires, marchés et lieu de promotion pour savoir qu’il ne s’agit pas d’une fête réservée aux chrétiens. C’est vraiment un moment de communion », conclu Pascal Douswé.
«Pour moi, la fête de Noel représente, autant que la fête de Ramadan que de Mouton, une occasion de vivre ensemble, de partager avec ses voisins, ses amis et ses collaborateurs de travail». Ainsi s’exprime Abdou, musulman, employé dans un grand magasin de la ville de Garoua. Selon lui, on ne peut pas y échapper car Noel est une très grande fête. « Nous vivons dans une ville où les communautés musulmanes, chrétienne et même païenne vivent leur croyance. Au quotidien comme lors des grands évènements, on se côtoie et on vit ensemble», ajoute-t-il même s’il admet qu’il ne dépense rien et passe la journée à honorer à des invitations des proches.
«Moi je suis d’une famille qui est moitié musulmane et moitié chrétienne. Il n’y aucune raison pour nous de ne pas fêter la Noel. C’est même absurde car autant qu’à Noel ou pendant le ramadan, tout le monde est concerné et c’est la fête dans la grande famille. Mes oncles chrétiens et musulmans se rencontrent et partagent des repas traditionnels et se racontent de vieux souvenirs. C’est un moment exceptionnel. Et même, pendant le jeune du Ramadan, mes cousins et neveux chrétiens jeûnent et nous accompagnent. Ils se privent de manger toute la journée. Ça renforce nos liens et instaure la tolérance dans la famille », révèle Jean Bouba, originaire du Mayo-Kani. « Pour preuve, je porte deux noms : chrétien et musulman », se vante-t-il.
Devenue musulmane par alliance, Habiba, elle a épousé un jeune «Alhadji » avec qui elle a deux enfants. « Je partage depuis cinq ans la vie et la foi de mon époux. Lui et moi honorons toujours à l’invitation de ma famille tout comme eux aussi nous rendent visite. Refuser de fêter et considérer cette occasion de partage serait comme nier les liens qui nous unissent lui et moi, ma faille et la sienne », croit savoir Habiba. Dans cette partie du pays, comme il est de coutume en de pareille occasion, certaines, non chrétiens, ne lésinent pas sur les moyens pour recevoir les « invités qui pourront passer vous dire bonjour ce jour-là », explique Hamadou.
Noel, c’est la fête des enfants. Coïncidant avec la fin d’année et du premier trimestre dans les écoles, les enfants de la maternelle particulièrement, reçoivent de multiples cadeaux de leurs parents et proches. « L’arbre de noël qui coïncide avec la remise des cadeaux de congé de Noël est un grand moment pour les parents de découvrir les qualités de comédiens, danseurs et de prestation dans les récitations de leurs enfants. Ici, les parents sont heureux d’ accompagner leur progénitures », révèle une maitresse de l’école maternelle de Djamboutou. Ils ont alors le bonheur de partager les premières expériences de ces derniers.
A l’approche de noël, dans les hôpitaux, les prisons et les orphelinats, les enfants malades et abandonnés ont l’occasion d’écouter l’histoire du petit Jésus qui est et reste leur fidèle compagnon. « Nous offrons des cadeaux à tous les enfants hospitalisés et aux nouveaux nés le jour de noël », indique une infirmière d’un hôpital privé de la place. «Mon fils est né le 25 décembre 2008 et ce jour là, il a reçu de nombreux cadeaux offerts à l’occasion de la fête de noël. Je ne peux pas oublier ces instants. Depuis, la venue de Noël est restée pour moi un moment de réjouissance. D’ailleurs l’anniversaire de mon fils est célébré ce jour-là et il y a la fête à la maison. J’en profite d’ailleurs pour en faire une grande fête et inviter tout le monde », raconte Amina, une musulmane convaincue.
Les grandes personnes ne sont en reste. « Je n’ai jamais compris la magie de noël. C’est un miracle. Pendant cette fête, de nombreux jeunes de mon village, partis en aventure, reviennent tous pour fêter au village. Or, beaucoup ne sont ni chrétiens ni musulmans », constate Matakwan, pousseur à Garoua. D’après son récit, « même pour les gens qui adorent encore les ancêtres, c’est un moment merveilleux. Beaucoup se décident d’ailleurs pour la première fois à aller à l’Eglise, question d’aller voir », raconte ce jeune homme originaire de Mokolo dans le Mayo-Tsanaga. « Noel c’est pour tout le monde. Il s’agit simplement de voir les fréquentations des magasins, foires, marchés et lieu de promotion pour savoir qu’il ne s’agit pas d’une fête réservée aux chrétiens. C’est vraiment un moment de communion », conclu Pascal Douswé.
Garoua : Woïla hip hop fait son spectacle
Un show mémorable a été offert au public de Garoua lors de la 2e édition du Festival Woïla HipHop 2010 qui a rassemblé près de 500 jeunes au Centre culturel français.
Avec les passages acclamés et euphoriques des artistes invités et en provenance de Ngaoundéré, Maroua, Yaoundé et Ndjamena au cours du grand concert hip hop clôturant la 2eédition du festival Woïla HipHop 2010, le 11 décembre, les populations de la ville de Garoua ont cette fois encore admiré les prestations des rappeurs « locaux ». Parrainée par le rappeur Parol, la deuxième édition du festival a connu la participation des rappeurs, danseurs, dj’s, graffitistes, communicateurs, managers et producteurs. Sur le podium, Dogg Fadah et Aimé Love du Tchad, Amerd D et Lasko de Ngaoundéré, Red Street de Maroua, Sahel HipHop Crew, Xylem, Cosmic Amer de Garoua. Un show mémorable offert au public de Garoua le samedi 11 décembre à l’Alliance française. Près de 500 jeunes en délire, ont fait la fête jusqu’à minuit avec les artistes qui se sont succédé sur la scène. A l’entrée de Parol, la salle s’est littéralement embrassée avec des « tueries » de son premier album et de sa street tape.
Le festival Woïla HipHop a offert aux artistes du Nord Cameroun, très peu en mouvement, « une vraie opportunité de rencontre et d'échange avec les artistes venus d'ailleurs », selon dj Kader, membre de l’association 2H. A travers l’exposition : Kamer, 20 ans de cultures urbaines, des ateliers d’écriture, de montage assisté par ordinateur animé par dj Kader et dj Kalbo (Maroua), graffiti et de danse, de rencontre d’échange, de projection documentaire, le concert « Découverte » avec les artistes locaux et du grand concert baptisé « la Nuit du Show hiphop », les adeptes du hip hop ont servi et édifié pendant deux jours.
Pour ses concepteurs, Woïla Hip Hop festival offre aux artistes du Nord-Cameroun d’exprimer leur culture urbaine sous ses différentes formes, susciter l’intérêt des pouvoirs publics, des mécènes et des bailleurs de fond à soutenir le secteur artistique et culturel et l’accompagner dans son processus de développement tout en favorisant la circulation et les échanges entre artistes de la sous-région Afrique centrale. Par ailleurs, il s’agit de mettre en valeur les créations des artistes du Grand-Nord et trouver des voies et moyens pour une diffusion de leur création, créer un réseau d’artistes et acteurs des cultures urbaines du Grand Nord afin d’internationaliser le festival en nouant des partenariats avec d’autres festivals internationaux et des institutions internationales.
« Passeport pour les cultures urbaines dans le Grand-Nord, Waila hi hop permet depuis la première édition, la circulation sous régionale des artistes. Il est aussi un espace de formation et de professionnalisation pour les artistes et pour les jeunes opérateurs culturels de la zone sahélienne », explique le rappeur Salaam venu de Ngaoundéré. Au terme de la 2e édition du festival qui a cette fois connu le soutiens de plusieurs sponsors, de nombreuses propositions constructives ont été apportée afin de dynamiser les cultures urbaines dans la partie septentrionale, de renforcer les capacités des principaux acteurs et de bâtir un axe culturel Cameroun –Tchad.
Interview
«Dans ce pays, on clochardise les artistes »
Ebah Essongue Shabba, administrateur du festival Woïla HipHop
Quel a été le point fort de la 2e édition du festival Woïla HipHop 2010 à Garoua ?
Merci de me donner l’opportunité de revenir sur cette 2e édition du Festival Woïla HipHop 2010 qui s’est tenue du 10 au 11 décembre à Garoua. Plutôt que de points fort je parlerai de monter en puissance. D’abord nous notons un engouement du public qui traduit un réel intérêt pour les cultures urbaines, les sponsors ont mieux réagit cette année et les artistes nous sollicitent davantage pour des programmations. L’édition 2010 a proposé un pré festival annonçant l’édition 2011, avec comme particularité celle de présenter des têtes d’affiches nationales et internationales montrant la volonté de ces derniers d’accompagner le développement du hip hop dans le Nord-Cameroun. Les artistes invités a cette édition était Parol (le parrain : Ndlr), Dogg fadah et Aimé Love du Tchad, Amer D et Lasko de Ngaoundéré, Kalbo et Red Street de Maroua, Sahel HipHop et Xylem de Garoua. Le festival est organisé par l’association 2H en partenariat avec l’Alliance française de Garoua.
Que vise toute l’activité menée autour du festival ?
Comme tout festival, le Woïla hip hop offre avant tout une vraie opportunité de rencontre et d'échange entre les artistes locaux et ceux venus d'ailleurs. A travers les différentes activités, atelier d’écriture, montage assistée par ordinateur, rencontres professionnelles… nous voulons professionnaliser les principaux acteurs de cette filière, diffuser leur création et éventuellement leur permettre de vendre celles-ci. En bref, il s’agit pour nous de donner aux populations locales le goût du hip hop.
Vous définissez le hip hop comme une culture urbaine. Peut-on savoir ce à quoi ça rime ?
Les cultures urbaines regroupent les sports et les arts urbains ou les arts citadins. Les disciplines sont variées notamment la danse, les genres musicaux rap, slam, hip-hop, human beat box, le sports de rue comme le roller, skate, BMX, basket de rue, parkour, foot de rue, golf de rue…, l’urban photo, graffiti, street wear, deejing, etc. Le hiphop a cette particularité d’intégrer une bonne partie de ces disciplines. Bien loin de l’image de violence ou de vulgarité qu’on lui attribut souvent, le mouvement hip hop véhicule des idéaux de paix, d’unité, de solidarité et de tolérance prônés par des précurseurs afro-américains tels Africa Bambaaata, Grandmaster Flash . Par ailleurs, à travers le monde, de nombreux jeunes s’identifient à l’image du hip hop. C’est une culture dite urbaine qui fédère et permet à cette jeunesse d’affirmer une façon d’être et de penser. Mais bien plus qu’un simple état d’esprit, les arts urbains sont un vecteur de développement humain comme d’autres cultures. Les arts urbains ont la capacité aujourd’hui d’être à l’échelle mondiale, présents partout et très liés à la jeunesse du Grand-Nord également.
Culture sahélienne et hip hop urbain, où placer le trait d’union ?
Nous fusionnons le rap avec certaines sonorités traditionnelles du Grand-Nord. Le hip hop est une culture mondiale et nous ne voulons pas nous y arrimer sans y apporter notre touche particulière. Notre apport se situe au niveau du métissage que nous faisons dans nos créations musicales. Nous sommes fières de rejouer la Gouma, par exemple, à la façon hip hop. C’est original, cela nous permet de pérenniser aussi cette culture. A travers le concept Sahel Hip Hop par exemple, nous avons fait dans de la fusion de rythmes et c’est avec succès que nous avons présenté le projet à Yaoundé, Buéa, Douala, Ndjamena…
Quelles difficultés rencontrent les adeptes de ce style musical dans le Grand-Nord ?
Les difficultés sont énormes. Nous avons le manque de structures pouvant accueillir des spectacles de danse urbaine par exemple. Il n’existe pas de matériel de sonorisation digne de ce nom en dehors de celui de l’Alliance franco-camerounaise de Garoua. Mais c’est insuffisant. D’autre part, le public n’est pas toujours curieux et n’encourage pas les artistes dans leur travail de création. Comme quoi ils souffrent de cette étiquette de violent et de vulgaire qu’on leur colle et dont je parlais plus haut. Il faut s’ouvrir à toute sorte d’expression artistique car l’ignorance peut aussi être culturelle.
La fermeture des salles des spectacles est presque venue achever la promotion des activités culturelles dans cette parie du pays notamment a Garoua. Comment faites vous pour vivre de votre art ?
Je suis promoteur culturel et directeur de festival, cependant j’ai un travail en parallèle qui me permet de vivre et de subventionner mes activités. La triste réalité c’est que nous ne vivons pas de notre art mais nous vivons notre passion. Dans ce pays on clochardise les artistes et on néglige les promoteurs culturels. Je salue en passant tous ceux qui comme moi croient en la culture, au potentiel de nos artistes et qui œuvrent pour que demain soit meilleur culturellement parlant.
Repères
La première édition du festival Woïla Hip Hop s’est tenue du 10 au 12 décembre
2009 à l’Alliance franco-camerounaise de Garoua. Organisée à titre expérimentale, elle a permis d’asseoir le festival qui a ainsi reçu un accueil favorable de la part du public et du partenaire majeur : l’Alliance franco-camerounaise. Elle s’est déroulée sur deux soirées. A la première soirée le vendredi 11 décembre, l’on a eu droit à la soirée découverte consacrée aux groupes régionaux confirmés (Sahel HipHop, Xylem, Yacine...) La deuxième soirée le samedi 12 décembre, à été consacrée à la clôture du festival avec notamment le concert du rappeur Boudor, invité et parrain de cette première édition. Signalons qu’il a été organisé en amont, une exposition sur le hip hop au Cameroun. Ce fut une occasion pour les néophytes de découvrir la scène hip hop camerounaise à travers, des images d’archives (photos, affiches, fyers), quelques albums d’artistes, etc… Une édition pleine de surprises et d’enseignements.
Organisatrice du festival Woïla hiphop à Garoua, 2H travaille depuis 5 ans à la mise en œuvre des projets culturels et musicaux. Association culturelle, 2H veut apporter une nouvelle dynamique culturelle dans la région du grand Nord
Cameroun. 2H apporte à l’Alliance française de Garoua sa collaboration artistique, et technique pour produire, coproduire et diffuser des spectacles au
Nord Cameroun. L’Alliance franco-camerounaise de Garoua a la volonté marquée de soutenir et d’accompagner les amateurs et professionnels des cultures urbaines dans le Nord Cameroun.
Avec les passages acclamés et euphoriques des artistes invités et en provenance de Ngaoundéré, Maroua, Yaoundé et Ndjamena au cours du grand concert hip hop clôturant la 2eédition du festival Woïla HipHop 2010, le 11 décembre, les populations de la ville de Garoua ont cette fois encore admiré les prestations des rappeurs « locaux ». Parrainée par le rappeur Parol, la deuxième édition du festival a connu la participation des rappeurs, danseurs, dj’s, graffitistes, communicateurs, managers et producteurs. Sur le podium, Dogg Fadah et Aimé Love du Tchad, Amerd D et Lasko de Ngaoundéré, Red Street de Maroua, Sahel HipHop Crew, Xylem, Cosmic Amer de Garoua. Un show mémorable offert au public de Garoua le samedi 11 décembre à l’Alliance française. Près de 500 jeunes en délire, ont fait la fête jusqu’à minuit avec les artistes qui se sont succédé sur la scène. A l’entrée de Parol, la salle s’est littéralement embrassée avec des « tueries » de son premier album et de sa street tape.
Le festival Woïla HipHop a offert aux artistes du Nord Cameroun, très peu en mouvement, « une vraie opportunité de rencontre et d'échange avec les artistes venus d'ailleurs », selon dj Kader, membre de l’association 2H. A travers l’exposition : Kamer, 20 ans de cultures urbaines, des ateliers d’écriture, de montage assisté par ordinateur animé par dj Kader et dj Kalbo (Maroua), graffiti et de danse, de rencontre d’échange, de projection documentaire, le concert « Découverte » avec les artistes locaux et du grand concert baptisé « la Nuit du Show hiphop », les adeptes du hip hop ont servi et édifié pendant deux jours.
Pour ses concepteurs, Woïla Hip Hop festival offre aux artistes du Nord-Cameroun d’exprimer leur culture urbaine sous ses différentes formes, susciter l’intérêt des pouvoirs publics, des mécènes et des bailleurs de fond à soutenir le secteur artistique et culturel et l’accompagner dans son processus de développement tout en favorisant la circulation et les échanges entre artistes de la sous-région Afrique centrale. Par ailleurs, il s’agit de mettre en valeur les créations des artistes du Grand-Nord et trouver des voies et moyens pour une diffusion de leur création, créer un réseau d’artistes et acteurs des cultures urbaines du Grand Nord afin d’internationaliser le festival en nouant des partenariats avec d’autres festivals internationaux et des institutions internationales.
« Passeport pour les cultures urbaines dans le Grand-Nord, Waila hi hop permet depuis la première édition, la circulation sous régionale des artistes. Il est aussi un espace de formation et de professionnalisation pour les artistes et pour les jeunes opérateurs culturels de la zone sahélienne », explique le rappeur Salaam venu de Ngaoundéré. Au terme de la 2e édition du festival qui a cette fois connu le soutiens de plusieurs sponsors, de nombreuses propositions constructives ont été apportée afin de dynamiser les cultures urbaines dans la partie septentrionale, de renforcer les capacités des principaux acteurs et de bâtir un axe culturel Cameroun –Tchad.
Interview
«Dans ce pays, on clochardise les artistes »
Ebah Essongue Shabba, administrateur du festival Woïla HipHop
Quel a été le point fort de la 2e édition du festival Woïla HipHop 2010 à Garoua ?
Merci de me donner l’opportunité de revenir sur cette 2e édition du Festival Woïla HipHop 2010 qui s’est tenue du 10 au 11 décembre à Garoua. Plutôt que de points fort je parlerai de monter en puissance. D’abord nous notons un engouement du public qui traduit un réel intérêt pour les cultures urbaines, les sponsors ont mieux réagit cette année et les artistes nous sollicitent davantage pour des programmations. L’édition 2010 a proposé un pré festival annonçant l’édition 2011, avec comme particularité celle de présenter des têtes d’affiches nationales et internationales montrant la volonté de ces derniers d’accompagner le développement du hip hop dans le Nord-Cameroun. Les artistes invités a cette édition était Parol (le parrain : Ndlr), Dogg fadah et Aimé Love du Tchad, Amer D et Lasko de Ngaoundéré, Kalbo et Red Street de Maroua, Sahel HipHop et Xylem de Garoua. Le festival est organisé par l’association 2H en partenariat avec l’Alliance française de Garoua.
Que vise toute l’activité menée autour du festival ?
Comme tout festival, le Woïla hip hop offre avant tout une vraie opportunité de rencontre et d'échange entre les artistes locaux et ceux venus d'ailleurs. A travers les différentes activités, atelier d’écriture, montage assistée par ordinateur, rencontres professionnelles… nous voulons professionnaliser les principaux acteurs de cette filière, diffuser leur création et éventuellement leur permettre de vendre celles-ci. En bref, il s’agit pour nous de donner aux populations locales le goût du hip hop.
Vous définissez le hip hop comme une culture urbaine. Peut-on savoir ce à quoi ça rime ?
Les cultures urbaines regroupent les sports et les arts urbains ou les arts citadins. Les disciplines sont variées notamment la danse, les genres musicaux rap, slam, hip-hop, human beat box, le sports de rue comme le roller, skate, BMX, basket de rue, parkour, foot de rue, golf de rue…, l’urban photo, graffiti, street wear, deejing, etc. Le hiphop a cette particularité d’intégrer une bonne partie de ces disciplines. Bien loin de l’image de violence ou de vulgarité qu’on lui attribut souvent, le mouvement hip hop véhicule des idéaux de paix, d’unité, de solidarité et de tolérance prônés par des précurseurs afro-américains tels Africa Bambaaata, Grandmaster Flash . Par ailleurs, à travers le monde, de nombreux jeunes s’identifient à l’image du hip hop. C’est une culture dite urbaine qui fédère et permet à cette jeunesse d’affirmer une façon d’être et de penser. Mais bien plus qu’un simple état d’esprit, les arts urbains sont un vecteur de développement humain comme d’autres cultures. Les arts urbains ont la capacité aujourd’hui d’être à l’échelle mondiale, présents partout et très liés à la jeunesse du Grand-Nord également.
Culture sahélienne et hip hop urbain, où placer le trait d’union ?
Nous fusionnons le rap avec certaines sonorités traditionnelles du Grand-Nord. Le hip hop est une culture mondiale et nous ne voulons pas nous y arrimer sans y apporter notre touche particulière. Notre apport se situe au niveau du métissage que nous faisons dans nos créations musicales. Nous sommes fières de rejouer la Gouma, par exemple, à la façon hip hop. C’est original, cela nous permet de pérenniser aussi cette culture. A travers le concept Sahel Hip Hop par exemple, nous avons fait dans de la fusion de rythmes et c’est avec succès que nous avons présenté le projet à Yaoundé, Buéa, Douala, Ndjamena…
Quelles difficultés rencontrent les adeptes de ce style musical dans le Grand-Nord ?
Les difficultés sont énormes. Nous avons le manque de structures pouvant accueillir des spectacles de danse urbaine par exemple. Il n’existe pas de matériel de sonorisation digne de ce nom en dehors de celui de l’Alliance franco-camerounaise de Garoua. Mais c’est insuffisant. D’autre part, le public n’est pas toujours curieux et n’encourage pas les artistes dans leur travail de création. Comme quoi ils souffrent de cette étiquette de violent et de vulgaire qu’on leur colle et dont je parlais plus haut. Il faut s’ouvrir à toute sorte d’expression artistique car l’ignorance peut aussi être culturelle.
La fermeture des salles des spectacles est presque venue achever la promotion des activités culturelles dans cette parie du pays notamment a Garoua. Comment faites vous pour vivre de votre art ?
Je suis promoteur culturel et directeur de festival, cependant j’ai un travail en parallèle qui me permet de vivre et de subventionner mes activités. La triste réalité c’est que nous ne vivons pas de notre art mais nous vivons notre passion. Dans ce pays on clochardise les artistes et on néglige les promoteurs culturels. Je salue en passant tous ceux qui comme moi croient en la culture, au potentiel de nos artistes et qui œuvrent pour que demain soit meilleur culturellement parlant.
Repères
La première édition du festival Woïla Hip Hop s’est tenue du 10 au 12 décembre
2009 à l’Alliance franco-camerounaise de Garoua. Organisée à titre expérimentale, elle a permis d’asseoir le festival qui a ainsi reçu un accueil favorable de la part du public et du partenaire majeur : l’Alliance franco-camerounaise. Elle s’est déroulée sur deux soirées. A la première soirée le vendredi 11 décembre, l’on a eu droit à la soirée découverte consacrée aux groupes régionaux confirmés (Sahel HipHop, Xylem, Yacine...) La deuxième soirée le samedi 12 décembre, à été consacrée à la clôture du festival avec notamment le concert du rappeur Boudor, invité et parrain de cette première édition. Signalons qu’il a été organisé en amont, une exposition sur le hip hop au Cameroun. Ce fut une occasion pour les néophytes de découvrir la scène hip hop camerounaise à travers, des images d’archives (photos, affiches, fyers), quelques albums d’artistes, etc… Une édition pleine de surprises et d’enseignements.
Organisatrice du festival Woïla hiphop à Garoua, 2H travaille depuis 5 ans à la mise en œuvre des projets culturels et musicaux. Association culturelle, 2H veut apporter une nouvelle dynamique culturelle dans la région du grand Nord
Cameroun. 2H apporte à l’Alliance française de Garoua sa collaboration artistique, et technique pour produire, coproduire et diffuser des spectacles au
Nord Cameroun. L’Alliance franco-camerounaise de Garoua a la volonté marquée de soutenir et d’accompagner les amateurs et professionnels des cultures urbaines dans le Nord Cameroun.
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